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Lesarchives par sujet : alex beaupain joint. PrĂ©cĂ©dent 10 111213 14 Suivant Du paddle Ă Biarritz. Spectacle Marseille 13000 Du 15/11/2022 au 19/11/2022 Qui pense crouler sous les alĂ©as de la vie et en serait quelque peu dĂ©couragĂ© doit se rĂ©jouir de rencontrer Alex, le personnage imaginĂ© par lâauteur Ă succĂšs Fabrice Caro dont le roman Broadway est portĂ© Ă la scĂšne sous une
VBJTn. Dans la continuitĂ© du Partenariat pour une transition Ă©nergĂ©tique juste entre lâAfrique du Sud et des bailleurs de fonds internationaux, annoncĂ© officiellement lors de la COP26 Ă Glasgow, le lancement dâune initiative collective pour Ă©laborer de nouveaux partenariats pour une transition Ă©nergĂ©tique juste en Afrique a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© aujourdâhui au cours du Sommet Union europĂ©enne-Union africaine. Six ans aprĂšs nous ĂȘtre donnĂ© pour ambition collective Ă la COP21 de limiter le rĂ©chauffement climatique nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux prĂ©industriels, et poursuivant lâaction menĂ©e pour limiter lâĂ©lĂ©vation de la tempĂ©rature Ă 1,5 °C par rapport aux niveaux prĂ©industriels, nous devons maintenant traduire les objectifs climatiques en actes, avec des rĂ©sultats concrets et rapides Ă grande Ă©chelle sur le terrain, au profit des populations locales. Cet appel Ă lâaction est particuliĂšrement important pour le continent africain, qui est trĂšs exposĂ© aux effets des changements climatiques, alors mĂȘme quâil contribue moins que les autres continents aux Ă©missions mondiales. Pour rĂ©ussir sa transition Ă©nergĂ©tique et atteindre les objectifs de dĂ©veloppement durable ODD, le continent africain devra faire face Ă des enjeux de taille au cours des dĂ©cennies Ă venir, avec deux objectifs principaux accĂ©lĂ©rer lâaccĂšs de tous Ă lâĂ©lectricitĂ© Ă un prix raisonnable en Afrique, ainsi que lâindustrialisation, en application de lâAgenda 2063 de lâUnion africaine, et crĂ©er de nombreuses possibilitĂ©s dâemploi pour les jeunes ; augmenter les contributions dĂ©terminĂ©es au niveau national et dĂ©velopper un bouquet Ă©nergĂ©tique dĂ©carbonĂ© conforme Ă lâAccord de Paris, qui nâenferme pas les pays dans des trajectoires de dĂ©veloppement non durable et limite leur exposition Ă la hausse des prix du carbone. Dans ce contexte, il est indispensable dâaccorder aux pays africains le temps et les financements concessionnels nĂ©cessaires pour leur permettre de rĂ©ussir une transition Ă©nergĂ©tique juste. Tout en tenant compte du principe dâĂ©quitĂ©, des responsabilitĂ©s communes mais diffĂ©renciĂ©es et des capacitĂ©s respectives selon les diffĂ©rentes situations nationales, les dirigeants rĂ©unis au sommet UE-UA ont exprimĂ© leur ambition commune, celle de proposer aux pays ayant les objectifs climatiques les plus ambitieux et prĂȘts Ă prendre de nouveaux engagements forts pour dĂ©carboner leur bouquet Ă©nergĂ©tique un programme de soutien sur mesure, comprenant les Ă©lĂ©ments essentiels nĂ©cessaires pour permettre une transition Ă©nergĂ©tique ambitieuse, sĂ»re et juste. Il a Ă©tĂ© soulignĂ© que les stratĂ©gies de mise en place de nouveaux partenariats pour une transition Ă©nergĂ©tique juste devaient reposer sur les piliers suivants pour ĂȘtre efficaces Appropriation nationale et engagement du pays. Les nouveaux partenariats pour une transition Ă©nergĂ©tique juste auront pour objectif de dĂ©carboner le bouquet Ă©nergĂ©tique, y compris en sortant progressivement du charbon et en optimisant la part des sources dâĂ©nergie de transition comme le gaz naturel pour Ă©viter la dĂ©pendance Ă lâĂ©gard du carbone, dans le but de garantir les capacitĂ©s de production de base tout en augmentant autant que possible la part des Ă©nergies renouvelables dans le bouquet Ă©nergĂ©tique ainsi que lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique. Cela ouvrira la voie au renforcement des contributions dĂ©terminĂ©es au niveau national et des stratĂ©gies Ă long terme, en conformitĂ© totale avec lâAccord de Paris. Accroissement des ressources financiĂšres et techniques pour les pays les plus ambitieux, grĂące Ă des instruments adaptĂ©s, y compris des prĂȘts concessionnels, des garanties et des subventions pour rĂ©duire le coĂ»t de la transition Ă©nergĂ©tique pour les populations et moderniser les rĂ©seaux Ă©lectriques. Les nouveaux instruments de lâUE renforceront fortement sa capacitĂ© Ă attirer le secteur privĂ© dans le cadre du Fonds europĂ©en pour le dĂ©veloppement durable Plus FEDD+, qui apportera des garanties et des instruments de mixage ayant un fort effet de levier. Tous les partenaires seront encouragĂ©s Ă sâassocier Ă ces efforts. Un dialogue pragmatique, portĂ© par le pays et axĂ© sur les solutions, sâappuyant sur des Ă©valuations par pays fiables et fondĂ©es sur les donnĂ©es, en partenariat Ă©troit avec toutes les institutions concernĂ©es, dans le but de prendre en compte les particularitĂ©s et les contraintes nationales, puisque nous sommes conscients du fait que les transitions Ă©nergĂ©tiques seront diffĂ©rentes dans chaque pays. Les partenariats pour une transition Ă©nergĂ©tique juste seront Ă©galement axĂ©s plus gĂ©nĂ©ralement sur la rĂ©alisation des ODD, avec une attention particuliĂšre portĂ©e Ă lâaccĂšs Ă lâĂ©nergie, aux possibilitĂ©s dâemploi, y compris pour les jeunes et les femmes, ainsi quâĂ la mobilisation de nouveaux secteurs industriels et dâincubateurs dâinnovation. La disponibilitĂ© Ă un prix abordable de technologies Ă©nergĂ©tiques propres et avancĂ©es revĂȘt une importance capitale pour les engagements que nous avons pris dans le cadre de lâAccord de Paris. Les entreprises europĂ©ennes et des pays du G7 sont donc encouragĂ©es, lorsquâelles lancent des projets dans le cadre de lâinitiative pour une transition Ă©nergĂ©tique juste, Ă renforcer leur partenariat avec le secteur privĂ© africain et Ă dĂ©velopper les contenus locaux, y compris grĂące Ă des transferts de technologie. Prochaines Ă©tapes Au cours de la table ronde sur les changements climatiques et la transition Ă©nergĂ©tique, lâĂquipe Europe a annoncĂ© sâĂȘtre engagĂ©e sur le terrain dans un dialogue ouvert Ă tous, pour lancer une sĂ©rie de projets pilotes au SĂ©nĂ©gal, en Ăgypte, en CĂŽte dâIvoire, au Kenya et au Maroc. Tous les partenaires internationaux sont encouragĂ©s Ă sâassocier Ă ces efforts. Dâautres partenariats seront Ă©tudiĂ©s en Afrique et ailleurs. Les prĂ©sidences respectives de lâUnion europĂ©enne, de lâUnion africaine, du G7 et de la COP27 ont rĂ©affirmĂ© leur dĂ©termination Ă travailler en Ă©troite concertation pour donner Ă ces processus un fort Ă©lan politique sur le long terme, dans le but dâassocier tous les partenaires concernĂ©s et de progresser autant que possible dâici Ă la COP27, Ă©tant donnĂ© la nĂ©cessitĂ© dâune action collective urgente et plus intense.
Jour J-24 pour Lydie Diallo. Lâheure du grand dĂ©part approche. Le 18 novembre prochain, son avion quittera lâAĂ©roport de GenĂšve Cointrain pour lâemmener vers son nouveau pays de cĆur le SĂ©nĂ©gal. La jeune enseignante y retrouvera son mari, ChĂ©rif Diallo, qui lâattend depuis dĂ©jĂ deux ans. Leur projet? Ouvrir une auberge de vacances et un bar restaurant dans la rĂ©gion de Casamance, au sud-ouest du SĂ©nĂ©gal. Un vĂ©ritable petit coin de paradis et le dĂ©but dâune nouvelle vie pour les Diallo. A dĂ©couvrir dans notre Ă©dition de vendredi.
Accueil Annuaire Commerces Quincaillerie Quincaillerie Votre recherche Quincaillerie SĂ©nĂ©gal â 104 rĂ©sultats Sodida lot 10 SONEPIBP 22666Dakar - SĂ©nĂ©gal km 2,8 Boulevard du centenaire de la commune de DakarDakar - SĂ©nĂ©gal 2, Avenue Faidherbe X VincencesBP 1392Dakar - SĂ©nĂ©gal Parcelles Assainies n° 72BP 29893Dakar - SĂ©nĂ©gal Avenue Malick Sy, DerriĂšre Colis PostauxBP 28560Dakar - SĂ©nĂ©gal Km 2,5 Bd du CentenaireBP 2098 DakarDakar - SĂ©nĂ©gal Sangalkam, Parcelles AssainiesBP 20000Dakar - SĂ©nĂ©gal Trouvez du MatĂ©riel pour tous vos Travaux au SĂ©nĂ©gal QUINCAILLERIE . CONSTRUCTION . BRICOLAGE . JARDINAGE Pour les Professionnels et Particuliers BRICOSEN SPĂCIALISTE DE LA PORTE COUPE-FEU Trouvez du MatĂ©riel pour tous vos Travaux au SĂ©nĂ©gal QUINCAILLERIE . CONSTRUCTION . BRICOLAGE . JARDINAGE Pour les Professionnels et Particuliers BRICOSEN SPĂCIALISTE DE LA PORTE COUPE-FEU Km BCCD, Zone industrielleBP 27032Dakar - SĂ©nĂ©gal Portes, Baies Alu et UPVC, Mur rideau, Mobilier de salle de bains, Sanitaires et robinetterie, Luminaire, Escaliers et rampes, Cuisine, Dressing, RevĂȘtement sol et murs, Peinture, Equipement d'hĂŽtel Portes, Baies Alu et UPVC, Mur rideau, Mobilier de salle de bains, Sanitaires et robinetterie, Luminaire, Escaliers et rampes, Cuisine, Dressing, RevĂȘtement sol et murs, Peinture, Equipement d'hĂŽtel 1, Rue Felix EbouĂ© X AutorouteBP 23583Dakar - SĂ©nĂ©gal 49, Avenue Emile BadianeBP 2113Dakar - SĂ©nĂ©gal Scat urbam Grand Yoff n° 235Dakar - SĂ©nĂ©gal Avenue Malick Sy X Pasage Gare RoutiĂšreBP 447Dakar - SĂ©nĂ©gal CERAM DECOR est une sociĂ©tĂ© de vente de carreaux , peinture , aluminium , inox, bois, cuisine moderne , sanitaire , mur dâeau, piscine. CERAM DECOR est une sociĂ©tĂ© de vente de carreaux , peinture , aluminium , inox, bois, cuisine moderne , sanitaire , mur dâeau, piscine. 22, Rue Robert BrunBP 1606Dakar - SĂ©nĂ©gal 43, Avenue Lamine GuĂšyeBP 1369Dakar - SĂ©nĂ©gal 69, Av. Lamine GuĂšyeBP 376Dakar - SĂ©nĂ©gal HLM 6 numero 2678BP 3680Dakar - SĂ©nĂ©gal Face Station TotalDakar - SĂ©nĂ©gal Grand Yoff n° 12 Lot 071Dakar - SĂ©nĂ©gal Km 11,5 Route de RufisqueDakar - SĂ©nĂ©gal Route des Niayes X Route de l'AĂ©roportBP 10130Dakar - SĂ©nĂ©gal Rue 2 X Bourguiba Villa n°27 CastorBP 11893Dakar - SĂ©nĂ©gal 90, Avenue Lamine GuĂšyeBP 71Dakar - SĂ©nĂ©gal Dakar, SĂ©nĂ©galDakar - SĂ©nĂ©gal Rue P X Route Du Front De Terre n°64BP 10132DerklĂ© - SĂ©nĂ©gal Saly Carrefour n° 18, Nouvelle Agence SENELECDakar - SĂ©nĂ©gal Km 10 Boulevard du CentenaireBP 20150Dakar - SĂ©nĂ©gal 8, Boulevard du CentenaireBP 7149Dakar - SĂ©nĂ©gal 21 Avenu FaidherbeBP 11942 PeytavinDakar - SĂ©nĂ©gal HLM5, Villa N°2307Dakar - SĂ©nĂ©gal â Previous1 current234Next â DĂ©couvrez nos autres services "Commerces" SĂ©lectionnez votre pays Afrique Afrique du Sud AlgĂ©rie Angola BĂ©nin Botswana Burkina Faso Cameroun Congo-Brazzaville Congo-Kinshasa CĂŽte dâIvoire Djibouti Ăgypte Ăthiopie Gabon Ghana GuinĂ©e Kenya LibĂ©ria Madagascar Malawi Mali Maroc Maurice Mozambique Namibie Niger NigĂ©ria Ouganda RĂ©publique centrafricaine SĂ©nĂ©gal Somalie Tanzanie Togo Tunisie Go Africa Online, votre rĂ©seau professionnel en Afrique
Introduction 1Sâil est thĂ©oriquement admis que lâĂ©largissement de lâaccĂšs Ă lâĂ©ducation devrait aller de pair avec lâamĂ©lioration de la qualitĂ©, rĂ©aliser conjointement ces deux objectifs peut ĂȘtre difficile pour les pays dâAfrique subsaharienne Chimombo, 2005. Ces derniers, soumis Ă dâimportantes limites en matiĂšre de ressources Ă©conomiques et humaines, sont parfois conduits Ă effectuer un arbitrage entre quantitĂ© et qualitĂ©. Lâarticle prĂ©sente et analyse lâexemple du SĂ©nĂ©gal qui, grĂące Ă la mobilisation internationale en faveur dâune Ă©ducation primaire universelle de qualitĂ©, a Ă©laborĂ© et mis en Ćuvre un Programme de dĂ©veloppement de lâĂ©ducation et de la formation PDEF sur la pĂ©riode 2000-2015. Ce programme ambitionne clairement une stratĂ©gie visant Ă dĂ©mocratiser lâaccĂšs Ă lâĂ©ducation de base â amĂ©liorer la qualitĂ© des apprentissages â rendre plus efficiente la gestion du systĂšme » MEN, 2003 8. 2Lâobjectif dâuniversalisation de lâĂ©cole a Ă©tĂ© formulĂ© au SĂ©nĂ©gal dĂšs les annĂ©es 1960 avec le constat que beaucoup dâenfants en Ăąge scolaire nâavaient pas accĂšs Ă lâĂ©cole. Alors que la massification nâĂ©tait pas encore achevĂ©e, sâest ajoutĂ©e, Ă partir des annĂ©es 1990, la question de la qualitĂ© des apprentissages Ă lâĂ©cole. Du point de vue de lâoffre scolaire, lâĂ©largissement de lâaccĂšs implique le recrutement de nouveaux maĂźtres et la disponibilitĂ© dâinfrastructures scolaires. LâamĂ©lioration de la qualitĂ© renvoie Ă une problĂ©matique plus large, les facteurs qui contribuent Ă la qualitĂ© Ă©tant nombreux niveau de qualification des enseignants, curricula, qualitĂ© de lâenvironnement scolaire, intrants pĂ©dagogiques, etc., et Ă des investissements supplĂ©mentaires par rapport Ă lâextension de la couverture scolaire. Dans un contexte de contraintes budgĂ©taires fortes sâexprimant en particulier sur la prise en charge dâune demande croissante dâĂ©ducation, notamment pour les groupes dĂ©favorisĂ©s jusque-lĂ en marge ou hors du systĂšme, se pose la question de savoir dans quelle mesure est-il possible dâallier les objectifs de dĂ©mocratisation et dâamĂ©lioration de la qualitĂ© de lâĂ©ducation ? Lâarticle cherche Ă comprendre comment les autoritĂ©s sĂ©nĂ©galaises ont fait face Ă ces deux impĂ©ratifs, Ă©tant donnĂ© les ressources disponibles et la demande familiale dâĂ©ducation. Ont-elles procĂ©dĂ© ou non Ă des arbitrages entre accĂšs et qualitĂ© ? 3Il sâagira dans un premier temps de situer lâĂ©mergence de la notion de qualitĂ© de lâĂ©ducation », ses diffĂ©rentes reprĂ©sentations Ă travers les confĂ©rences internationales et la littĂ©rature scientifique et technique, puis dans un second temps dâexaminer les modalitĂ©s de la prise en compte de la notion dans la politique Ă©ducative sĂ©nĂ©galaise. Lâenjeu est dâanalyser la maniĂšre dont le discours sur la qualitĂ© est mis en Ćuvre dans la pratique, en mettant en Ă©vidence les dynamiques en cours, les diffĂ©rentes stratĂ©gies et contraintes du systĂšme et des acteurs. LâintĂ©rĂȘt portera notamment sur les politiques de recrutement et de formation des maĂźtres, lâorganisation pĂ©dagogique des classes et la qualitĂ© des infrastructures. Par ailleurs, le positionnement des collectivitĂ©s locales, des parents et du secteur privĂ© face Ă la demande de qualitĂ© fera lâobjet dâune attention particuliĂšre. 4Outre la littĂ©rature scientifique existante, lâarticle sâappuie sur les rĂ©sultats dâune sĂ©rie dâenquĂȘtes qualitatives rĂ©alisĂ©es au SĂ©nĂ©gal en 2009 et entre octobre 2011 et novembre 2013. Ces enquĂȘtes ont Ă©tĂ© menĂ©es dans trois rĂ©gions, Dakar, Diourbel et Tambacounda, en zone rurale et urbaine. Elles ont consistĂ© en premier lieu en des entretiens semi-directifs menĂ©s auprĂšs dâun Ă©chantillon de 143 personnes. Les personnes interrogĂ©es ont Ă©tĂ© choisies au sein de lâadministration scolaire centrale et dĂ©centralisĂ©e, parmi les directeurs dâĂ©coles, enseignants, parents dâĂ©lĂšves et Ă©lĂšves du primaire. Des reprĂ©sentants de syndicats dâenseignants, dâassociations de parents dâĂ©lĂšves ainsi que des acteurs des collectivitĂ©s locales ont aussi Ă©tĂ© interrogĂ©s tableau annexe 1. En complĂ©ment, des observations ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es dans une quarantaine dâĂ©coles primaires et une centaine de classes tableau annexe 2. Lâarticle a Ă©galement eu recours aux rapports publiĂ©s par les autoritĂ©s administratives du SĂ©nĂ©gal, de maniĂšre Ă comprendre les orientations de la politique Ă©ducative et obtenir des statistiques scolaires correspondant aux donnĂ©es sur lesquels se fondent ces politiques. LâĂ©mergence de la notion de qualitĂ© de lâĂ©ducation en Afrique Subsaharienne Ăvolution de la prise en compte de la qualitĂ© de lâĂ©ducation dans les recommandations internationales 5En Afrique Subsaharienne, la problĂ©matique de la qualitĂ© de lâĂ©ducation est intrinsĂšquement liĂ©e aux organisations internationales et Ă lâĂ©volution des politiques dâĂducation pour tous EPT. Retracer lâĂ©mergence de la qualitĂ© de lâĂ©ducation implique de se pencher sur la littĂ©rature technique produite par ces derniers et la littĂ©rature scientifique quâils mobilisent. Ă partir de la ConfĂ©rence de Jomtien en 1990, les organisations internationales ont adjoint Ă lâobjectif dâexpansion quantitative de lâĂ©ducation lâimpĂ©ratif dâamĂ©lioration de la qualitĂ©. Cet intĂ©rĂȘt pour la qualitĂ© est liĂ© au constat que des millions dâenfants et dâadultes achĂšvent lâĂ©cole sans acquĂ©rir les compĂ©tences de base et que, dans lâensemble, lâĂ©ducation actuellement dispensĂ©e prĂ©sente de graves insuffisances et quâil importe dâamĂ©liorer la qualitĂ© tout en rendant lâaccĂšs universel » Unesco, 1990 7. Toutefois, la dĂ©claration de Jomtien reste vague et ne prĂ©cise pas les objectifs Ă atteindre pour que lâon puisse parler de qualitĂ© de lâĂ©ducation. Ce nâest quâĂ Dakar, en 2000, lors du Forum mondial sur lâĂducation pour tous, que la qualitĂ© » va ĂȘtre au centre du dĂ©bat sur le dĂ©veloppement de lâĂ©ducation, en particulier en Afrique subsaharienne. Le sixiĂšme objectif de Dakar prĂ©voit en effet dâ amĂ©liorer sous tous ses aspects la qualitĂ© de lâĂ©ducation dans un souci dâexcellence, de façon Ă obtenir pour tous des rĂ©sultats dâapprentissage reconnus et quantifiables â notamment en ce qui concerne la lecture, lâĂ©criture et le calcul et les compĂ©tences indispensables dans la vie courante » Unesco, 2000 17. Cependant, la qualitĂ© de lâĂ©ducation ne fait pas lâobjet dâune approche unifiĂ©e. Câest une expression qui fait consensus par son caractĂšre gĂ©nĂ©rique. Tous les acteurs nationaux et internationaux sâaccordent pour affirmer quâil faut fournir une Ă©ducation de qualitĂ© ; mais quâest-ce que la qualitĂ© de lâĂ©ducation ? Et surtout, sur quels leviers agir pour lâatteindre ? 1 Association internationale pour lâĂ©valuation du rendement scolaire. 2 Respectivement PISA Programme international pour le suivi des acquis des Ă©lĂšves de lâOrganisme po ... 6RĂ©pondre Ă ces diffĂ©rents questionnements requiert de se tourner vers la littĂ©rature scientifique qui fonde le discours des organisations internationales sur la qualitĂ© de lâĂ©ducation, en particulier les travaux des Ă©conomistes. Ce retour sur la littĂ©rature permet de mettre en Ă©vidence les raisons de lâĂ©mergence relativement tardive des prĂ©occupations concernant la notion de qualitĂ© de lâĂ©ducation dans les recommandations internationales, et de comprendre la maniĂšre dont va se dĂ©gager le consensus minimal qui fonde aujourdâhui ces recommandations. Comme lâexplique N. Henaff 2008 15, lâĂ©mergence de la qualitĂ© comme condition nĂ©cessaire au dĂ©veloppement de lâĂ©ducation est [âŠ] la rĂ©sultante Ă la fois dâĂ©volutions thĂ©oriques et de leurs validations empiriques, et des Ă©volutions concrĂštes des systĂšmes Ă©ducatifs ». Dans cette littĂ©rature, la qualitĂ© de lâĂ©ducation se dĂ©cline dâabord en indicateurs chiffrĂ©s, dont le premier est la mesure des performances des Ă©lĂšves Ă des tests nationaux et/ou internationaux. DĂšs les annĂ©es 1950, les Ă©conomistes sâintĂ©ressent au rĂŽle de lâĂ©ducation, qui est lâun des Ă©lĂ©ments constitutifs du capital humain, dans la croissance Ă©conomique. Dans les annĂ©es 1960 Ă©merge le souci de dĂ©passer les Ă©valuations quantitatives pour comprendre ce quâapprennent rĂ©ellement les Ă©lĂšves Mons, 2007. La pratique des tests internationaux commence ainsi en 1959 avec la crĂ©ation de lâIAE1. T. W. Schultz 1960, 1967 et G. S. Becker 1964 Ă©tablissent un lien positif entre la durĂ©e de scolarisation dâune personne et ses gains sur le marchĂ© du travail. Ă partir de lĂ se multiplient les travaux sur lâimpact de lâĂ©ducation sur les diffĂ©rents facteurs influant le capital humain, comme par exemple la mortalitĂ© infantile et la fertilitĂ© Barro & Lee, 2000. Les thĂ©ories sur le lien entre la durĂ©e de scolarisation et la croissance vont ĂȘtre confirmĂ©es par R. J. Barro 1991. Ce dernier dĂ©montre, Ă partir des donnĂ©es de lâIAE sur 98 pays collectĂ©es entre 1960 et 1985, que la croissance Ă©conomique est positivement liĂ©e au capital humain, qui peut ĂȘtre mesurĂ© par la durĂ©e de scolarisation. La nĂ©cessitĂ© de disposer de donnĂ©es permettant de comparer les diffĂ©rents systĂšmes Ă©ducatifs en termes de performances Ă©conomiques va conduire Ă une multiplication des tests internationaux dans les annĂ©es 1990-2000. Câest Ă cette pĂ©riode quâapparaissent le PISA, le PASEC, le SACMEQ, le MLA2, etc. Pour les thĂ©oriciens de la croissance endogĂšne, câest le stock dâĂ©ducation, câest-Ă -dire le nombre moyen dâannĂ©es dâĂ©tudes dans un pays, qui a un impact sur la croissance. Pour les nĂ©oclassiques Ă lâinverse, câest la qualitĂ© de lâĂ©ducation qui explique la croissance E. A. Hanushek et D. D. Kimko 2000 vont dĂ©passer les mesures quantitatives de lâĂ©ducation pour sâintĂ©resser aux acquis cognitifs, une mesure qualitative selon eux plus appropriĂ©e pour mesurer le capital humain. Ils partent de lâidĂ©e quâune annĂ©e de scolarisation dans un pays i nâa pas le mĂȘme rendement quâune annĂ©e de scolarisation dans un pays j et que, de ce fait, les Ă©tudes qui prennent uniquement en compte la quantitĂ© de scolarisation sont biaisĂ©es Altinok, 2006. Reprenant les rĂ©sultats de lâIAE, ils montrent que la qualitĂ© de lâĂ©ducation, telle que mesurĂ©e par les tests dâacquisition en mathĂ©matiques et en sciences, est une mesure du capital humain et un facteur explicatif de la croissance Ă©conomique plus pertinent que la durĂ©e de scolarisation. Ces travaux vont avoir un impact dĂ©terminant sur la dĂ©finition de la qualitĂ© de lâĂ©ducation retenue lors du Forum de Dakar. Ils se multiplient au cours des annĂ©es 1990 et dĂ©montrent lâimportance des acquis cognitifs pour la croissance et Ă©tablissent une hiĂ©rarchie entre ces acquis. Accessoirement, lâargument renforcera la nĂ©cessitĂ© de donner la prioritĂ© Ă lâĂ©ducation primaire au cours de laquelle les acquis de base doivent ĂȘtre maĂźtrisĂ©s. 7Ă cĂŽtĂ© des tests dâacquisition scolaires, la qualitĂ© de lâĂ©ducation sâapprĂ©cie aussi Ă partir dâautres indicateurs chiffrĂ©s mesurant lâefficacitĂ© interne des systĂšmes scolaires. Les plus utilisĂ©s sont les taux de survie, dâabandon, dâachĂšvement, de promotion et de redoublement, le pourcentage dâenseignants formĂ©s, le ratio enseignants/Ă©lĂšves, ou encore lâespĂ©rance de vie scolaire. Ces indicateurs seront apprĂ©ciĂ©s Ă lâaune de leur capacitĂ© Ă permettre lâacquisition par les Ă©lĂšves de connaissances de base reconnues et quantifiables ». 8Une fois dĂ©terminĂ©s les indicateurs chiffrĂ©s de la qualitĂ© de lâĂ©ducation, de nombreuses Ă©tudes ont tentĂ© dâen dĂ©terminer les facteurs explicatifs dans diffĂ©rents contextes. Ces facteurs, aussi appelĂ©s intrants de la qualitĂ©, sont multiples et peuvent ĂȘtre agencĂ©s en facteurs scolaires et extrascolaires. N. Mons 2007 412 rĂ©sume ainsi cette dĂ©marche [âŠ] Elles [les statistiques internationales] visent Ă mettre en Ă©vidence les facteurs dĂ©terminants des performances des systĂšmes Ă©ducatifs. Pour cela, elles mettent en relation les performances des organisations scolaires avec Ă la fois les caractĂ©ristiques socio-Ă©conomiques des publics scolaires accueillis, les caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©rales sociĂ©tales, comme le niveau de dĂ©veloppement Ă©conomique des pays, et les conditions dâenseignement analysĂ©es Ă travers le double prisme des politiques Ă©ducatives â Ă©tude macro â et des pratiques pĂ©dagogiques â analyse micro au niveau des classes et des Ă©tablissements scolaires ». 9La qualitĂ© de lâĂ©ducation est un concept difficile Ă cerner, car Ă la fois restreint et englobant. Restreint, parce quâil est mesurĂ© principalement en termes dâindicateurs chiffrĂ©s, et englobant, puisquâune fois les indicateurs de qualitĂ© dĂ©terminĂ©s, les Ă©tudes cherchent Ă identifier la multitude de facteurs qui influent sur ces indicateurs. La qualitĂ© de lâĂ©ducation, Ă travers ses composantes, finit par englober lâensemble du systĂšme scolaire. La consĂ©quence directe en est quâil nây a de consensus ni sur le poids Ă donner aux facteurs et indicateurs, ni sur leur hiĂ©rarchisation, ni sur les rĂ©formes Ă mettre en Ćuvre pour amĂ©liorer la qualitĂ©. 10LâUnesco 2005, dans son Rapport mondial de suivi de lâĂducation pour tous intitulĂ© LâExigence de qualitĂ©, prĂ©conise un cadre holistique de la qualitĂ© et considĂšre que tous les facteurs et indicateurs de la qualitĂ© sont importants. LâUnesco considĂšre ainsi que la qualitĂ©, bien que mesurĂ©e in fine par les acquis cognitifs des Ă©lĂšves, est complexe et dĂ©pend autant de lâoffre que de la demande dâĂ©ducation dans des contextes locaux particuliers. La dĂ©finition de lâUnesco a le mĂ©rite dâĂȘtre complĂšte mais elle est peu opĂ©rationnelle, ne donnant aucune indication aux Ătats sur la marche Ă suivre pour amĂ©liorer la qualitĂ© de leur Ă©ducation. La Banque mondiale, dans le cadre de lâInitiative Fast Track, offre une vision plus rĂ©ductrice de la qualitĂ© qui, de son point de vue, est essentiellement une question de statistiques dâefficacitĂ© interne redoublement, abandons, etc. et de rapport coĂ»t/efficacitĂ© du systĂšme scolaire. J. Y. Martin 2006, rĂ©sumant la position des institutions de Bretton Woods, explique quâ il est ainsi suggĂ©rĂ© aux Ătats de se concentrer sur le niveau de recrutement des maĂźtres respectivement pas trop Ă©levĂ© et pas trop rĂ©munĂ©rĂ©s, et la pression va donc dans le sens dâune rĂ©duction du niveau de formation initiale des enseignants et du niveau des salaires, le mode de groupement des Ă©lĂšves pas moins de 40 ou 50 par classe, les bĂątiments scolaires ne pas y investir des sommes importantes, les manuels surtout lecture/grammaire, la prĂ©-scolarisation pas de nĂ©cessitĂ© et pas sur fonds publics, les cantines scolaires Ă crĂ©er avec mesure, les activitĂ©s dâinspection Ă redĂ©finir ». Les recommandations sont claires et les progrĂšs simples Ă mesurer. 11Ces diffĂ©rentes positions montrent que la qualitĂ© de lâĂ©ducation reste une notion polysĂ©mique et mal dĂ©finie. Les composantes de la qualitĂ© de lâĂ©ducation varient selon les pays et leur conception des finalitĂ©s des systĂšmes Ă©ducatifs. La qualitĂ© de lâĂ©ducation dans la politique Ă©ducative au SĂ©nĂ©gal 12En 1996, le SĂ©nĂ©gal a lancĂ© la procĂ©dure dâĂ©laboration et de mise en Ćuvre du Programme dĂ©cennal de lâĂ©ducation et de la formation, plan dâopĂ©rationnalisation de la politique Ă©ducative. Ce plan sera modifiĂ© en 2000 et rebaptisĂ© Programme de dĂ©veloppement de lâĂ©ducation et de la formation PDEF, modification expressĂ©ment justifiĂ©e, entre autres, par lâimpĂ©ratif dâintĂ©grer le sixiĂšme objectif de la ConfĂ©rence de Dakar. Le PDEF est articulĂ© autour de trois axes principaux que sont lâaccĂšs, la qualitĂ© et la gestion du secteur de lâĂ©ducation. Pour lâaccĂšs, son ambition est dâaugmenter le taux brut de scolarisation de 54 % en 1995 MEN, 2005a Ă 100 % Ă lâhorizon 2010. De nombreuses pistes de mesures sont Ă©laborĂ©es dans ce sens, notamment la construction et la rĂ©habilitation de salles de classes, la rentabilisation des locaux et du personnel par un recours plus important aux classes spĂ©ciales classes multigrades ou Ă double flux, le recrutement et la formation de nouveaux enseignants volontaires, lâaccroissement de lâappui institutionnel et financier aux Ă©coles privĂ©es et le renforcement de la scolarisation des enfants des zones pauvres et des filles MEN, 2003 55. 3 Le terme mauvais Ă©tat » est utilisĂ© par le gouvernement du SĂ©nĂ©gal dans le PDEF et dans dâautres ... 13Concernant le diagnostic de qualitĂ© » MEN, 2003 24, lâapproche retenue par le PDEF est large et englobe de nombreux paramĂštres, au-delĂ des indicateurs de rĂ©sultats. Le PDEF dĂ©plore le caractĂšre Ă©levĂ© du ratio maĂźtres-Ă©lĂšves 59 en 1997, lâĂ©tat dĂ©labrĂ© du patrimoine immobilier des Ă©coles plus de 50 % des Ă©coles sont en mauvais Ă©tat »3, le faible niveau des ratios manuels-Ă©lĂšves, avec un livre de lecture pour trois Ă©lĂšves et un livre de calcul pour cinq Ă©lĂšves. Les rĂ©sultats dâacquisitions des Ă©lĂšves sont jugĂ©s limitĂ©s, avec un taux dâadmission au Certificat de fin dâĂ©tudes Ă©lĂ©mentaire CFEE faible, de 47 %. Par ailleurs, les taux de redoublement en 2000 sont Ă©levĂ©s, de lâordre de 13 % dans les cinq premiĂšres annĂ©es du cycle Ă©lĂ©mentaire et le taux dâabandon y atteint 8 % en 1999/2000 MEN, 2003 23. Le PDEF sâintĂ©resse Ă©galement au programme dâenseignement, quâil juge peu pertinent malgrĂ© les diffĂ©rentes rĂ©formes. La formation et le suivi pĂ©dagogique des maĂźtres sont un autre axe de prĂ©occupation important. Le PDEF sâinquiĂšte enfin de la faiblesse de la couverture mĂ©dicale scolaire et sâintĂ©resse Ă lâintroduction des langues locales et Ă lâutilisation de lâoutil informatique ou encore Ă lâenseignement tĂ©lĂ©visuel en langues locales MEN, 2003 24. 14Les mesures Ă mettre en Ćuvre pour lâamĂ©lioration de la qualitĂ© visent en prioritĂ© la mise en place dâun nouveau curriculum qui sâinspire de lâapproche par les compĂ©tences et rompt avec la pĂ©dagogie frontale. Les autres mesures en faveur de la qualitĂ© sont lâintroduction des langues nationales dans lâenseignement formel, lâadaptation et la production de manuels pour parvenir au ratio dâun manuel par Ă©lĂšve, une meilleure Ă©valuation des apprentissages, notamment par des Ă©valuations standardisĂ©es, des actions pour la rĂ©duction des taux de redoublement et dâabandon, qui doivent ĂȘtre ramenĂ©s respectivement Ă 2 % et 0 % en 2015, le dĂ©veloppement des nouvelles technologies de lâinformation et de la communication Ă lâĂ©cole, lâamĂ©lioration de la prise en charge des classes spĂ©ciales, et lâadoption dâune approche genre, favorable aux filles MEN, 2003 55. Le PDEF sera remplacĂ© par le Programme dâamĂ©lioration de la qualitĂ©, de lâĂ©quitĂ© et de la transparence PAQUET pour la pĂ©riode 2013-2025, mais ce programme nâest pas encore mis en Ćuvre. 15La politique publique dâĂ©ducation du SĂ©nĂ©gal reflĂšte une conception holistique de la qualitĂ© qui correspond Ă la vision proposĂ©e par lâUnesco. Cependant, dans la pratique, les autoritĂ©s peinent Ă allier lâobjectif de massification et lâamĂ©lioration de la qualitĂ© et tendent Ă favoriser lâĂ©largissement de lâaccĂšs dans un contexte de pression dĂ©mographique forte et de ressources financiĂšres limitĂ©es. La prioritĂ© au dĂ©veloppement quantitatif de lâĂ©ducation La politique de recrutement des enseignants volontaires 16En 1995, le gouvernement met en place un nouveau mode de recrutement des enseignants sous la forme du Programme des volontaires de lâĂ©ducation PVE Barro, 2009. Le projet est officiellement justifiĂ© par la nĂ©cessitĂ© de contrer le dĂ©clin observĂ© du taux brut de scolarisation, qui est passĂ© de 58 % en 1990 Ă 54,6 % en 1995, lâambition de lutter contre les disparitĂ©s rĂ©gionales et de sexe en matiĂšre de scolarisation, ainsi que lâamĂ©lioration de la qualitĂ© de lâĂ©ducation MEN, 2005 a. La seconde justification est lâobjectif de maĂźtrise de la masse salariale le ratio entre le salaire dâun volontaire et celui dâun enseignant titulaire est de 1 Ă 5,4 et de 1 Ă 6,8 lorsquâil sâagit dâun enseignement en classes alternĂ©es » MEN, 2001 21. Cette politique tient sa source de la crise Ă©conomique des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes et des politiques dâajustement structurels et a Ă©tĂ© mise en place Ă diffĂ©rents degrĂ©s dans plusieurs pays dâAfrique subsaharienne Henaff, 2003. Entre 1996 et 2000, 1 200 volontaires ont Ă©tĂ© recrutĂ©s par an ce qui a contribuĂ©, selon le ministĂšre, Ă porter le taux brut de scolarisation Ă 68,3 % en 2000 MEN, 2003 22. AprĂšs 2000, le PDEF intensifie cette politique de recrutement des volontaires et prĂ©voit dâenrĂŽler 20 000 nouveaux maĂźtres sur la pĂ©riode 2000-2010 MEN, 2003 38, de maniĂšre Ă pouvoir Ă©tendre rapidement la couverture scolaire et atteindre lâobjectif dâĂ©ducation universelle en 2010, cinq ans avant la date dâĂ©chĂ©ance prĂ©vue de lâEPT. 4 Cependant, la majoritĂ© des volontaires ont Ă©tĂ© recrutĂ©s au niveau du brevet des collĂšges. En 2011, ... 17La crĂ©ation du corps des volontaires a permis dâamĂ©liorer de maniĂšre significative les chiffres de la scolarisation avec, en 2011, un taux brut de scolarisation de 93,9 % MEN, 2011a. Cependant, du point de vue de la qualitĂ© de lâĂ©ducation, les donnĂ©es de terrain montrent une situation contrastĂ©e. Le premier point concerne le niveau de recrutement et la formation des volontaires de lâĂ©ducation. Tandis que les enseignants Ă©taient, avant 1995, recrutĂ©s aprĂšs le brevet des collĂšges et formĂ©s Ă lâĂ©cole normale supĂ©rieure pour une durĂ©e de quatre ans, les corps Ă©mergents sont recrutĂ©s aprĂšs le brevet des collĂšges, le baccalaurĂ©at ou un diplĂŽme dâenseignement supĂ©rieur4 et bĂ©nĂ©ficient dâune formation, de un Ă trois mois entre 1995 et 2000 dans les inspections dĂ©partementales de lâĂducation nationale, de six mois aprĂšs 2000 dans les nouvelles Ă©coles de formation dâinstituteur EFI, et dâun an dans les annĂ©es rĂ©centes ; une annĂ©e qui reste thĂ©orique, car la formation dure dans la pratique de six Ă huit mois, du fait de retards dans le dĂ©marrage des cours. La formation des volontaires est ainsi largement rĂ©duite par rapport Ă celle prĂ©alablement dispensĂ©e Ă lâĂ©cole normale et les enseignants dĂ©plorent le niveau de formation, quâils considĂšrent insuffisant Ce nâest pas le diplĂŽme qui fait quâon est un bon enseignant. On peut avoir le baccalaurĂ©at et ne pas ĂȘtre un bon enseignant ; câest que la formation quâon nous donne Ă lâEFI nâest pas suffisante, et il faut la formation continue, qui nâest pas souvent assurĂ©e par lâĂtat » M. D., enseignant, responsable syndical, mai 2012. 18De mĂȘme, cette formation est diffĂ©rente selon les gĂ©nĂ©rations de volontaires. Câest ce que dĂ©clare un autre enseignant Moi, je nâai pas eu la chance de faire la formation Ă lâEFI, je suis de la sixiĂšme gĂ©nĂ©ration de volontaires, câest la gĂ©nĂ©ration de 2000. Pour ce qui est de notre cas, en ce moment, il nây avait pas dâEFI Ă proprement parler, ce sont des inspecteurs seulement qui nous prenaient en charge au niveau dâune Ă©cole pour nous donner une formation, et elle nâĂ©tait pas aussi complĂšte, on a fait un mois complet. Les gens de la sixiĂšme gĂ©nĂ©ration, ce quâils savent de lâenseignement, ils lâont appris eux-mĂȘmes, parce que tu fais un mois de formation accĂ©lĂ©rĂ©e, on te balance dans les Ă©coles, on te laisse avec une responsabilitĂ© entiĂšre ; Ă partir de lĂ tu cĂŽtoies les enseignants, tu leur soumets tes difficultĂ©s, ils apportent des remĂ©diations, petit Ă petit, ils te forment en pĂ©dagogie » M. N., enseignant, Tambacounda, dĂ©cembre 2011. 19Ce problĂšme de la formation professionnelle des enseignants est exacerbĂ© par la question du quota sĂ©curitaire Barro, 2009 132. Il sâagit de maĂźtres qui ont Ă©tĂ© recrutĂ©s, souvent sur la base dâun clientĂ©lisme politique, sans avoir passĂ© le concours dâentrĂ©e Ă lâEFI et sans formation. Le recrutement par quota sĂ©curitaire a Ă©tĂ© abandonnĂ© en 2010, suite Ă des pressions des diffĂ©rents acteurs de lâĂ©ducation sur le gouvernement central, mais les enseignants recrutĂ©s par ce biais sont toujours en fonction. 5 En 2008, 50,1 % des enseignants de lâĂ©lĂ©mentaire public au SĂ©nĂ©gal sont sans qualification profess ... 20En 2011, les corps Ă©mergents reprĂ©sentent la grande majoritĂ© des enseignants 64,7 %, contre 34,6 % de fonctionnaires MEN, 2011b 52. Les observations de classe ont montrĂ© que beaucoup dâenseignants ont un niveau acadĂ©mique faible. Les fautes de français, de syntaxe et en mathĂ©matiques chez les enseignants sont lĂ©gion. Par exemple, Ă lâoccasion de la participation Ă une commission dâexamen en juin 2012, un enseignant aprĂšs un avoir fait un cours de mathĂ©matiques sur le triangle », nâarrivait pas Ă identifier la base et le cĂŽtĂ© du triangle, lorsque lâinspecteur retournait le triangle. Dans le cadre dâune observation de classe, un autre enseignant qui faisait un cours sur les concordances de temps a expliquĂ© Ă ses Ă©lĂšves que la phrase les Ă©lĂšves sont dans la cour tandis que le maĂźtre soit dans la classe » est juste car tandis que » et aprĂšs que » sont toujours suivis du subjonctif quelle que soit la situation. Par ailleurs, le diplĂŽme professionnel sâacquiert souvent de justesse, avec une moyenne autour de 10 ou 11 aprĂšs dĂ©libĂ©ration intense de la commission dâinspection. Pour les inspecteurs, la plupart des enseignants nâont pas le niveau acadĂ©mique et pĂ©dagogique pour obtenir leur diplĂŽme. Cependant, compte tenu du nombre important dâenseignants Ă examiner5, de la difficultĂ© et des moyens financiers nĂ©cessaires pour organiser une commission dâinspection, et aussi du fait que les enseignants sont en classe depuis parfois plusieurs annĂ©es, Quand on se dĂ©place, on est presque obligĂ© de leur donner le diplĂŽme » Groupe de trois inspecteurs, mai 2012. Voici la dĂ©cision de la commission dâexamen pour cet enseignant Donc, globalement, Ă lâissu des trois prestations, vous avez une moyenne de 9,22. Le dĂ©cret est clair, la commission devrait tâajourner, parce que le dĂ©cret dit quâil faut 10 pour rĂ©ussir ; mais la commission a dit que vous nâavez pas fait une formation initiale, vous ĂȘtes issu de la formation diplĂŽmante quatorziĂšme gĂ©nĂ©ration ; la commission a remarquĂ© aussi que, malgrĂ© tout, vous avez fait un affichage rĂšglementaire pour corriger les cahiers. Câest la raison pour laquelle la commission a dĂ©cidĂ© de te donner ; de faire en sorte quâil y ait ces circonstances, qui seront moins aggravantes pour vous [âŠ] » Commission dâexamen professionnel, mai 2012. 21Les rĂ©sultats dĂ©sagrĂ©gĂ©s des tests du PASEC SĂ©nĂ©gal PASEC, 2007 91 montrent que presque la moitiĂ© des Ă©lĂšves en fin de deuxiĂšme annĂ©e 48,1 % sont au-dessous du minimum requis de 40 sur 100 en français. La mĂȘme observation est Ă faire en mathĂ©matiques Ă la fin de la cinquiĂšme annĂ©e, oĂč ce taux monte Ă 51,5 % des Ă©lĂšves. Le systĂšme scolaire nâarrive Ă inculquer le seuil minimum de connaissances quâĂ la moitiĂ© des Ă©lĂšves inscrits et qui se sont maintenus Ă lâĂ©cole. En 2012, le gouvernement a relevĂ© le niveau de recrutement des enseignants au baccalaurĂ©at minimum, pour essayer de limiter les problĂšmes liĂ©s aux compĂ©tences acadĂ©miques. 22Par ailleurs, la crĂ©ation des corps Ă©mergents a fragilisĂ© la fonction enseignante en crĂ©ant une prĂ©caritĂ© et une inĂ©galitĂ© chez les enseignants. Dans une mĂȘme Ă©cole, plusieurs statuts peuvent coexister, du volontaire Ă lâinstituteur adjoint ou titulaire en passant par le maĂźtre contractuel. Les corps Ă©mergents se considĂšrent lĂ©sĂ©s et dĂ©motivĂ©s car, pour le mĂȘme travail, ils nâont pas des salaires et avantages Ă©quivalents. Outre le salaire, la prise en charge des corps Ă©mergents diffĂšre de celui des fonctionnaires. Les fonctionnaires sont payĂ©s par le ministĂšre des finances et reçoivent leur salaire rĂ©guliĂšrement en fin de mois. Par contre, le paiement des corps Ă©mergents obĂ©it Ă une autre logique, ce qui entraĂźne des retards rĂ©currents de paiement des salaires et, par consĂ©quent, des grĂšves qui dĂ©stabilisent les Ă©coles. Ces difficultĂ©s sont expliquĂ©es ainsi par un cadre de lâadministration scolaire 6 Union Ă©conomique et monĂ©taire ouest-africaine. La raison fondamentale qui justifie le retard [des salaires], câest quâon a un systĂšme qui a commencĂ© Ă recruter depuis trĂšs longtemps des volontaires, des maĂźtres contractuels. Mais ces derniers ne sont pas payĂ©s par la fonction publique, ils Ă©taient payĂ©s Ă partir du budget du ministĂšre de lâĂducation, par la direction de lâadministration gĂ©nĂ©rale et des Ă©quipements. Mais elle dĂ©lĂ©guait les crĂ©dits aux inspections dĂ©partementales et aux inspections dâacadĂ©mie qui les paient. Le SĂ©nĂ©gal ne pouvait pas mettre cet argent dans son budget parce quâil y a la loi de lâUEMOA6, qui avait normĂ© la masse financiĂšre salariale, qui Ă©tait limitĂ©e. Or, si le SĂ©nĂ©gal mettait tout ce quâil utilisait pour payer ces vacataires et volontaires, ça allait faire exploser la masse salariale et lâUEMOA Ă©tait trĂšs strict sur ça, et le SĂ©nĂ©gal a presque trichĂ© en disant je prends lâargent que je vais mettre dans un autre titre du budget, au lieu de le mettre dans le titre des salaires, on le met dans le titre des matĂ©riels, titre 3, qui permettait dâacquĂ©rir du matĂ©riel. On avait nos Ă©coles qui avaient besoin dâenseignants, donc il fallait le faire [âŠ] » M. F., cadre du ministĂšre, juin 2011. 23Ă cĂŽtĂ© du salaire, les motifs de grĂšve des enseignants sont nombreux, majoritairement liĂ©s Ă des revendications pĂ©cuniaires, et plongent le systĂšme dans un climat dâinstabilitĂ© permanente, les grĂšves pouvant prendre jusquâĂ un mois effectif de cours par an. Un ancien responsable syndical rĂ©sume la situation des enseignants au SĂ©nĂ©gal [âŠ] On ne peut pas avoir un enseignement de qualitĂ© avec des enseignants sous-recrutĂ©s, sous-formĂ©s et sous-payĂ©s » M. C., ancien responsable dâun syndicat enseignant, mai 2009. La politique de recours aux classes spĂ©ciales la classe Ă double flux et la classe multigrade 24Conjointement Ă la politique de recrutement des corps Ă©mergents, le SĂ©nĂ©gal eut recours aux classes spĂ©ciales classe Ă double flux et classe multigrade. Une classe Ă double flux CDF est une classe dans laquelle un seul maĂźtre donne cours Ă deux cohortes dâĂ©lĂšves A et B en alternance. La cohorte A vient le lundi, jeudi et vendredi matin, et le mardi aprĂšs-midi. La cohorte B a cours le mardi, mercredi, samedi matin et le jeudi aprĂšs-midi. Les CDF sont principalement prĂ©sentes dans les zones urbaines Ă forte population. Elles ont Ă©tĂ© introduites au SĂ©nĂ©gal en 1986 pour rĂ©pondre Ă une expĂ©rimentation de la Banque mondiale, relayĂ©e par lâĂtat SĂ©nĂ©galais dans le but de rĂ©duire les coĂ»ts unitaires et dâaugmenter rapidement les taux de scolarisation Bianchini, 2004. La CDF pose cependant un problĂšme Ă©vident pour la qualitĂ© des apprentissages Ă travers le temps scolaire. Le temps dâapprentissage officiel dans ces classes est de 600 heures, ce qui est bien en-deçà des 900 heures prĂ©vues pour les classes simples. Cela entraine dans le secteur public une inĂ©galitĂ© entre Ă©lĂšves des classes simples et Ă©lĂšves des CDF. Un directeur dâĂ©cole explique Vous prenez un CM2 qui doit faire un examen, câest une compĂ©tition pour toutes les Ă©coles, alors quâil a un volume trĂšs rĂ©duit, donc ça peut influer sur les rĂ©sultats ; ils ont les mĂȘmes charges de travail mais ils divisent le temps, donc ce nâest pas Ă©quitable quâils fassent le mĂȘme concours que ceux qui apprennent le temps normal » M. C., directeur dâĂ©cole, Tambacounda, dĂ©cembre 2011. 25Le double flux sâest aussi heurtĂ© Ă une forte rĂ©sistance des familles urbaines qui arguent que les enfants ne sont pas suffisamment prĂ©sents Ă lâĂ©cole. Et les syndicats enseignants ont dĂ©plorĂ© la fatigue engendrĂ©e pour les enseignants, les deux cohortes pouvant rassembler jusquâĂ 110 Ă©lĂšves. Pour lâĂtat SĂ©nĂ©galais cette stratĂ©gie a fortement contribuĂ© Ă lâĂ©largissement de lâaccĂšs dans la premiĂšre phase du PDEF. La deuxiĂšme phase qui sâinscrit dans une dynamique dâamĂ©lioration de la qualitĂ© [a] optĂ© pour une rĂ©duction progressive des classes Ă double flux considĂ©rĂ©es comme un obstacle Ă un enseignement de qualitĂ©, compte tenu de la rĂ©duction des heures dâapprentissage quâelles gĂ©nĂ©raient » MEN, 2011b 55. En 2004, les CDF scolarisaient 22,9 % des effectifs MEN, 2005b 11. En 2011, ils nâen scolarisent plus que 8,75 % MEN, 2011c 56. 26Ă la diffĂ©rence de la CDF, la classe multigrade CMG est un regroupement dâĂ©lĂšves de deux niveaux dans la mĂȘme classe avec un seul enseignant ; le temps dâapprentissage total des Ă©lĂšves est considĂ©rĂ© comme identique Ă celui des classes Ă flux simple. Le dĂ©veloppement des CMG a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© dans le PDEF pour rationaliser les ressources en fonction du manque dâĂ©lĂšves en zone rurale et pour Ă©tendre la couverture scolaire. En 2000, les CMG scolarisaient 2,3 % des Ă©lĂšves MEN, 2003 23. Ce chiffre a connu une augmentation constante pour atteindre 12,5 % des effectifs en 2011 MEN, 2011c 56. Les travaux de recherche portant sur les CMG considĂšrent ces derniers comme de bonnes combinaisons pour lâautonomie et lâapprentissage, avec des Ă©lĂšves de plusieurs niveaux qui peuvent sâentraider DembĂ©lĂ© & Ndoye, 2006. Aussi, la CMG en tant que telle ne pose pas problĂšme, ce qui pose problĂšme est son organisation au SĂ©nĂ©gal. Pour M. DembĂ©lĂ© et M. Ndoye 2006, dans la plupart des pays africains, cette stratĂ©gie a Ă©tĂ© inspirĂ©e pour des motifs davantage quantitatifs que pĂ©dagogiques, dans lâoptique dâamĂ©liorer les indicateurs dâaccĂšs en permettant dâenregistrer de nouvelles inscriptions chaque annĂ©e dans certaines zones rurales. Ce nâest cependant pas toujours le manque dâĂ©lĂšves qui constitue la justification principale de la mise en place de CMG. Il nâest pas rare en effet de trouver des CMG plĂ©thoriques, fait reconnu dans les rapports sur lâĂ©ducation MEN, 2011b 56. Sur le terrain, lâune des justifications de la mise en place des CMG est le manque dâenseignants en milieu rural, liĂ© Ă un problĂšme de dĂ©ploiement des maĂźtres sur le territoire. Ainsi, dans les zones rurales, des CMG sont créées par manque de maĂźtres et non dâĂ©lĂšves. Câest ce quâexplique cet inspecteur VoilĂ , câest ce que jâai dit, en rĂ©alitĂ©, ce nâest mĂȘme plus des classes multigrades pour lâobjectif premier des multigrades mais câest une classe multigrade parce quâon nâa pas de solution. Il faut faire des combinaisons, donc, Ă lâouverture des classes, vous nâavez pas les enseignants quâil faut, et Ă chaque annĂ©e, on fait la tournĂ©e de rentrĂ©e ; Ă lâissue de la tenue de rentrĂ©e, on fait peut ĂȘtre les 95 % des classes du dĂ©partement pour nous rendre compte de la rĂ©alitĂ© concrĂšte du terrain, et sur la base de ce premier niveau de rapport, ce sont les premiĂšres combinaisons de CMG que nous faisons au dĂ©part, en attendant le retour des rapports de dĂ©but dâannĂ©e. Alors, lĂ aussi, il faut opĂ©rer une deuxiĂšme combinaison, due aux cas dâeffectifs, il y a toujours des CMG qui respectent les combinaisons » M. D., inspecteur, dĂ©cembre 2012. 27Contrairement Ă la plupart des pays qui regroupent en CMG les classes consĂ©cutives CI/CP-CP/CE1, CE1/CE2, CE2/CM1, CM1/CM2, dans le systĂšme scolaire sĂ©nĂ©galais, toutes les classes peuvent ĂȘtre rassemblĂ©es. Les inspecteurs expliquent quâ il y a quinze combinaisons possibles » Groupe de deux inspecteurs, novembre 2013. Les regroupements, au lieu dâobĂ©ir Ă la seule question du faible effectif des Ă©lĂšves, se font selon les contraintes du moment manque dâenseignants, dâĂ©lĂšves, ou de salles de classe. Ainsi, on peut trouver des CI mĂ©langĂ©s avec des CM1, des CP avec des CE2 etc. Dâautre part, la majoritĂ© des CMG sont en zone rurale, zone dâaffectation des nouveaux enseignants peu expĂ©rimentĂ©s. Les observations de classe montrent que les enseignants ne travaillent pas simultanĂ©ment avec les groupes dâĂ©lĂšves, mais alternativement ; un groupe a depuis longtemps fini ses exercices et attend ou bavarde avant que lâenseignant ne termine avec lâautre groupe. Le temps de la classe est souvent divisĂ© par deux car les enseignants nâarrivent pas Ă garder la fluiditĂ©. Lorsque les combinaisons de CMG associent des classes de fin et de dĂ©but de cycle, les enseignants se concentrent sur les premiers, qui seront Ă©valuĂ©s aux examens nationaux. La CMG apparaĂźt ainsi comme une classe par dĂ©faut. Cependant, les parents dâĂ©lĂšves en milieu rural ne perçoivent pas en mal ces classes, parce quâils ne comprennent pas rĂ©ellement ce type de regroupement. Mais pour un inspecteur, Justement la CMG risque de devenir comme les doubles flux, ils nâauront pas meilleure presse⊠» M. D., inspecteur, dĂ©cembre 2012. Retrait de lâĂtat central et hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© de la qualitĂ© dans les Ă©coles La construction et lâentretien des infrastructures 28Lâaugmentation des chiffres de lâaccĂšs a entraĂźnĂ© une croissance de la demande en matiĂšre dâinfrastructures et dâintrants pĂ©dagogiques, dĂ©penses que lâĂtat et les collectivitĂ©s locales peinent Ă satisfaire et qui se rĂ©percutent sur les familles. Des salles de classe ont Ă©tĂ© construites par les autoritĂ©s dans le cadre de lâInitiative Fast-Track et par les programmes de coopĂ©ration, mais leur nombre reste en deçà des besoins. Ainsi, beaucoup des nouvelles infrastructures ont pris la forme dâabris provisoires, locaux en paillote construits par la population en demande dâĂ©cole, en attendant que lâĂtat leur fournisse des infrastructures en dur. Les abris provisoires posent des problĂšmes Ă©vidents de qualitĂ© de lâenvironnement scolaire, avec des conditions dâhygiĂšne et de sĂ©curitĂ© difficiles pour les Ă©lĂšves et les enseignants poussiĂšre, pluie, serpents et animaux divers, feu, etc. et des difficultĂ©s de stockage du matĂ©riel scolaire. En zone urbaine, les abris sont construits par des ouvriers grĂące Ă la contribution financiĂšre des parents au dĂ©but de lâannĂ©e scolaire et, en zone rurale, les parents les rĂ©alisent eux-mĂȘmes avec les Ă©pis de mil tirĂ©s de la rĂ©colte. Ce systĂšme crĂ©e des retards pour la rentrĂ©e scolaire car les abris ne sont effectivement mis en place quâĂ la fin du mois dâoctobre en zone urbaine et Ă la mi-novembre dans la zone rurale, respectivement trois Ă six semaines aprĂšs la rentrĂ©e scolaire officielle. Par ailleurs, les abris ne sont pas Ă©tanches et cessent de fonctionner Ă partir de la fin du mois de mai, date des premiĂšres pluies dans les zones rurales des rĂ©gions du sud, marquant la fin de lâannĂ©e scolaire. En dĂ©finitive, un abri provisoire nâest fonctionnel que six Ă sept mois sur les neuf mois de lâannĂ©e scolaire, ce qui dĂ©savantage les Ă©lĂšves de ces Ă©coles. Dans une majoritĂ© de cas, les handicaps se cumulent les abris sont en gĂ©nĂ©ral situĂ©s en zone rurale et scolarisent des Ă©lĂšves en CMG. Ils reprĂ©sentaient 15,5 % des classes de lâensemble du parc scolaire en 2011, avec de nombreuses disparitĂ©s. Dans les rĂ©gions pluvieuses du Sud, ce pourcentage atteint 27 % Ă SĂ©dhiou, 18,9 % Ă Tambacounda et 22,1 % Ă Ziguinchor alors quâil nâest que de 0,4 % Ă Dakar MEN, 2011b 46. Lâaccroissement rapide des chiffres de scolarisation cache ainsi des rĂ©alitĂ©s de terrain trĂšs diffĂ©rentes. Ă cĂŽtĂ© des abris provisoires, 15 % des salles de classe sont utilisĂ©es bien que non fonctionnelles. Il sâagit de salles en dur qui, par manque dâentretien, souffrent de diffĂ©rents problĂšmes de vĂ©tustĂ©, quâil sâagisse des fenĂȘtres, des fuites du toit, de lâĂ©tat du sol, etc. La politique des abris est justifiĂ©e ainsi par un cadre du ministĂšre Je vais vous donner la mĂȘme rĂ©ponse que le ministre de lâĂducation, monsieur Kalidou Diallo avait donnĂ© quand les gens parlent dâabris provisoires â parce quâil y a eu des moments oĂč toutes les attaques contre le systĂšme portaient sur les abris provisoires â, ça venait des parents dâĂ©lĂšves, des syndicats, des personnes de la communautĂ© Ă©ducative ; mais il a dit Je prĂ©fĂšre, dans un village, avoir des enfants qui sont en Ăąge dâaller Ă lâĂ©cole dans un abri provisoire que de les avoir dans la rue. [âŠ] Nous avons dit âMieux vaut avoir une classe, puisque lâĂtat est en mesure au moins de mettre un enseignant et des table-bancsâ ; on met les enfants dans ces abris sachant que ce nâest pas une condition pour une Ă©ducation de qualitĂ©, mais la mise Ă niveau comme je peux dire les constructions, les annexes et autres sâinscrivent dans les programmes de construction, mais dans la durĂ©e, en fonction des ressources » M. F., cadre du ministĂšre, juin 2011. 29Lâentretien des Ă©coles est une compĂ©tence qui a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e aux collectivitĂ©s locales en vertu de la loi de dĂ©centralisation de 1996. Il couvre une variĂ©tĂ© dâactivitĂ©s, allant du dĂ©sherbage de lâĂ©cole Ă la rentrĂ©e et de la rĂ©habilitation des salles de classes et des tables-bancs au paiement dâune personne chargĂ©e du nettoyage des toilettes, du gardien de lâĂ©cole, de lâeau et de lâĂ©lectricitĂ©. Les collectivitĂ©s locales sont censĂ©es puiser dans leurs ressources propres pour lâĂ©ducation et reçoivent par ailleurs un soutien de lâĂtat Ă travers un fonds annuel appelĂ© fonds de dotation ». Dans la pratique, entre une collectivitĂ© locale dâun quartier de Dakar et celle dâune zone rurale de Tambacounda, les moyens disponibles et les mesures mises en Ćuvre sont contrastĂ©es. Mais, en gĂ©nĂ©ral, du fait de fonds insuffisants rĂ©sultant de ce quâelles appellent une dĂ©centralisation sans moyens » ou parce quâelles allouent les fonds Ă dâautres fins, les collectivitĂ©s locales ne remplissent pas totalement le rĂŽle qui leur est imparti LâĂtat a dĂ©centralisĂ© beaucoup de compĂ©tences, on a fait des assises sur ça, les Ă©valuations ont Ă©tĂ© faites depuis 1996, et le constat rĂ©current, câest que les collectivitĂ©s locales ont en charge beaucoup de prĂ©occupations, elles nâont pas les moyens » M. A., secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral dâune collectivitĂ© locale urbaine, mai 2012. 7 Les ComitĂ©s de gestion des Ă©coles CGE sont des structures mises en place par le gouvernement dan ... 30En consĂ©quence, la charge financiĂšre de lâentretien des Ă©coles est dĂ©volue aux parents dâĂ©lĂšves. Ces frais sont perçus Ă la rentrĂ©e sous la forme de droits dâinscription directement par les directeurs dâĂ©cole ou les comitĂ©s de gestion des Ă©coles7, malgrĂ© la politique officielle de gratuitĂ© de lâĂ©cole publique. Ils oscillent en moyenne entre 3 000 et 1 500 FCFA selon les rĂ©gions, mais ce montant peut aller jusquâĂ 5 000 FCFA dans des Ă©coles de la banlieue de Dakar. DĂ©cidĂ©e par le directeur, le prĂ©sident du comitĂ© de gestion de lâĂ©cole et le trĂ©sorier, lâallocation de ces ressources est nĂ©buleuse certaines Ă©coles utilisent effectivement ces fonds pour lâentretien des Ă©coles, tandis que dâautres ne peuvent pas justifier de leurs dĂ©penses. Face au dĂ©sengagement de lâĂtat central du financement des Ă©coles, celles-ci sont livrĂ©es Ă elles-mĂȘmes, ce qui crĂ©e des inĂ©galitĂ©s entre Ă©coles ; les infrastructures, tables-bancs, tableaux, etc., sont rĂ©parĂ©s dans une poignĂ©e dâĂ©coles et pas dans dâautres. M. F. Lange 2006 montrait dĂ©jĂ que [âŠ] partout, si les lois sur lâenseignement obligatoire garantissent la gratuitĂ©, on observe de fait la disparition de cette gratuitĂ© et lâaugmentation continue des frais dâinscription Ă lâĂ©cole publique, les populations Ă©tant de plus en plus sommĂ©es dâinvestir dans la scolarisation de leurs enfants ». Du fait de la contestation grandissante de parents dâĂ©lĂšves, une circulaire ministĂ©rielle est intervenue en 2010 pour interdire formellement le paiement des frais dâinscription dans les Ă©coles. Cependant, la circulaire est restĂ©e dans lâambigĂŒitĂ© car, tout en interdisant au directeur dâĂ©cole de percevoir des paiements, elle admet que les comitĂ©s de gestion des Ă©coles peuvent demander des contributions Ă la communautĂ©. Aussi, les directeurs dâĂ©coles et les comitĂ©s ont-ils changĂ© la dĂ©nomination des frais, qui sâappellent dĂ©sormais participation Ă la coopĂ©rative, cotisation Ă la gestion, contribution des parents, etc. » Mais pour les parents dâĂ©lĂšves, ces frais sont toujours des frais dâinscription. Lors de la rentrĂ©e scolaire, ils constituent un obstacle Ă la prĂ©sence effective des enfants de familles dĂ©munies, car les parents retiennent les enfants jusquâĂ ce quâils puissent rĂ©unir lâargent, faute de quoi, les enfants ne sont pas acceptĂ©s en classe Sâil va Ă lâĂ©cole, on le renvoie, on lui dit âVa demander lâinscription Ă ta mĂšreâ » Mme. F., parent dâĂ©lĂšve, octobre 2012. QuantitĂ© dans le public, qualitĂ© dans le privĂ© ? 31Le dĂ©veloppement du secteur privĂ© a Ă©tĂ© encouragĂ© dans le cadre de la massification, et la part des effectifs scolarisĂ©s dans le privĂ© a rĂ©guliĂšrement progressĂ©, passant de 10,9 % en 2003 Ă 14,4 % en 2011 MEN, 2011b 59. Cependant, le privĂ© est principalement prĂ©sent en zone urbaine, oĂč il scolarise 24,8 % des effectifs, alors quâil ne reprĂ©sente que 5,7 % en milieu rural. Dans la rĂ©gion de Dakar en particulier, le secteur privĂ© scolarise 39,9 % des effectifs MEN, 2011b 59. LâĂ©cole privĂ©e prĂ©sente des figures trĂšs disparates entre le privĂ© laĂŻc, le privĂ© catholique, les Ă©tablissements franco-arabes et le secteur associatif. Il existe aussi une grande diffĂ©rence entre les Ă©tablissements privĂ©s dâĂ©lite, une poignĂ©e dâĂ©coles reconnues et qui ont de trĂšs bons rĂ©sultats aux examens nationaux, par rapport aux autres Ă©coles privĂ©es, plus dispersĂ©es dans leurs rĂ©sultats. Le coĂ»t de la scolarisation dans le privĂ© varie selon la situation de lâĂ©cole centre-ville, banlieue et son prestige ; il peut aller de 3 500 FCFA/par mois dans une Ă©cole privĂ©e de banlieue Ă 25 000 FCFA et plus Ă Dakar centre, la moyenne Ă©tant situĂ©e autour de 10 000 FCFA. Les frais de transport, de cantine, les blouses, tenues de sport, etc., peuvent sâajouter Ă ces frais de base. 32MalgrĂ© ces coĂ»ts Ă©levĂ©s, les familles qui le peuvent y envoient leurs enfants. Les raisons de ce choix tiennent dâabord Ă la stabilitĂ© du privĂ©, qui ne connait pas de grĂšves et dont les absences dâenseignants sont rares et suppléées. La seconde raison du choix du privĂ© par les familles est quâil obtient gĂ©nĂ©ralement de meilleurs rĂ©sultats aux examens que les Ă©coles publiques, constat fait Ă©galement dans les rĂ©sultats des enquĂȘtes du PASEC, qui montrent que les performances du privĂ© dĂ©passent gĂ©nĂ©ralement celles du public PASEC, 2007 76-82. Cela est liĂ©, selon les directeurs des Ă©coles privĂ©es, Ă une obligation de rĂ©sultat pour pouvoir continuer Ă attirer les Ă©lĂšves. Le privĂ© offre aussi souvent un meilleur environnement de travail. Pourtant, dans la majoritĂ© des cas, Ă lâexception du privĂ© confessionnel, les enseignants du privĂ© gagnent en moyenne 100 000 FCFA, une rĂ©munĂ©ration plus faible que dans le public, et ne bĂ©nĂ©ficient dâaucune indemnitĂ©. Ils ne bĂ©nĂ©ficient pas non plus de la formation de quelques mois dispensĂ©e par les Ă©coles de formation des instituteurs. Câest ce quâexplique ce directeur dâĂ©cole Pour les maĂźtres du public, on a une Ă©cole de formation, mais le privĂ© est formĂ© sur le tas. Il appartient au maĂźtre de suivre des cours pour obtenir les diplĂŽmes professionnels. Nous avons juste une autorisation dâenseigner, qui est un papier administratif. On nous le dĂ©livre si on nâa pas de casier judiciaire et quâon a le brevet. Une fois dans les classes, on a lâaide dâun conseiller pĂ©dagogique » M. V., directeur-adjoint dâune Ă©cole privĂ©e laĂŻque, avril 2009. 33Les Ă©coles privĂ©es bĂ©nĂ©ficient dâune meilleure gestion des personnels, dâun temps de travail des Ă©lĂšves maximisĂ© et dâintrants pĂ©dagogiques grĂące au financement des parents. Le SĂ©nĂ©gal a ainsi une Ă©cole Ă deux vitesses, les familles socialement favorisĂ©es se tournant vers lâenseignement privĂ©. Les rĂ©sultats du privĂ© sont cependant Ă nuancer, car certaines Ă©coles privĂ©es ne sont pas autorisĂ©es par lâĂtat et fonctionnent en dehors de tout cadre officiel. Pour un inspecteur, les Ă©coles privĂ©es poussent comme des champignons » M. S., inspecteur, octobre 2011 ; des entrepreneurs crĂ©ent des Ă©coles avec quelques salles de classe qui nâobĂ©issent pas aux normes et reçoivent les paiements des parents. Ces cas exceptionnels nâatteignent pas lâaura du secteur privĂ©, qui bĂ©nĂ©ficie de la perte de confiance dans le secteur public. Un acteur de collectivitĂ© locale rĂ©sume la situation ainsi Vous savez, au SĂ©nĂ©gal, vous comme moi, aujourdâhui, nous avons perdu espoir en lâĂ©cole publique ; nous sommes tous des produits de lâĂ©cole publique, tous nos enfants sont dans le privĂ©. Les gens se dĂ©carcassent, se serrent la ceinture pour Ă©conomiser le maximum pour amener les enfants au privĂ© » M. A., secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral dâune collectivitĂ© locale urbaine, mai 2012. Conclusion 34MalgrĂ© le discours politique voulant allier accĂšs et qualitĂ©, lâĂtat sĂ©nĂ©galais sâest concentrĂ© sur le dĂ©veloppement de lâaccĂšs, option qui a créé des normes diffĂ©renciĂ©es en matiĂšre de qualitĂ© pour les familles. Aussi, si dâimportantes avancĂ©es ont Ă©tĂ© faites vers lâĂ©cole universelle, avec un taux brut de scolarisation primaire qui est passĂ© de 54 % en 1995 MEN, 2005a Ă 93,9 % en 2011 MEN, 2011a, la qualitĂ© de lâĂ©ducation demeure hĂ©tĂ©rogĂšne et reste un privilĂšge rĂ©servĂ© Ă certaines populations. Le glissement vers les politiques Ă©ducatives pour le dĂ©veloppement de lâaccĂšs nâest pas particulier au SĂ©nĂ©gal. Il a Ă©tĂ© documentĂ© dans dâautres pays africains, par exemple au Kenya et en Tanzanie Sifuna, 2007, oĂč les interventions pour atteindre lâĂ©ducation primaire universelle depuis les annĂ©es 1970 ont permis dâĂ©largir lâaccĂšs, mais oĂč, conjointement, les indicateurs de qualitĂ© ont stagnĂ© ou rĂ©gressĂ©. Le manque de financement nâa, en effet, pas permis aux Ă©coles de disposer dâinfrastructures appropriĂ©es, dâintrants pĂ©dagogiques de qualitĂ© et dâenseignants qualifiĂ©s en nombre suffisant. Au SĂ©nĂ©gal, cet arbitrage entre la quantitĂ© et la qualitĂ© est explicitĂ© de la sorte par un cadre de lâĂ©ducation Si on compare les ressources qui sont injectĂ©es pour lâaccĂšs â la construction de salles de classes, les salaires des enseignants â, lâaccĂšs prend presque 80 % des ressources ; donc, il y a moins de 15 % sur le budget de lâĂ©ducation annuel qui sont consacrĂ©s Ă la qualitĂ© directement. Quand je dis la qualitĂ©, il faut comprendre tous les intrants, câest-Ă -dire la formation des enseignants, les outils, le matĂ©riel didactique, les manuels, dâautres intrants comme les cantines, les tables-bancs, etc. Dans le cadre du financement global, sâil y a une proportion de ressource rĂ©servĂ©e, câest infime, on a toujours dĂ©plorĂ© ça, mais au dĂ©but du PDEF, le SĂ©nĂ©gal avait des problĂšmes dâaccĂšs et on avait donnĂ© la prioritĂ© Ă ces problĂšmes. Maintenant, on a renversĂ© la tendance, disant que la prioritĂ©, câest la qualitĂ©. Mais cette prioritĂ© donnĂ©e Ă la qualitĂ© ne sâest pas traduite dans lâallocation des ressources, sur la plus grande partie, câest toujours dĂ©pensĂ© par les questions liĂ©es Ă lâaccĂšs » M. F., cadre du ministĂšre, juin 2011. 35La prioritĂ© Ă la massification pose la question de savoir si le SĂ©nĂ©gal avait le choix dâune autre politique. Dans la rhĂ©torique des organisations internationales, il faut atteindre un taux dâaccĂšs de 100 % Ă lâhorizon 2015 sans que la qualitĂ© soit sacrifiĂ©e Unesco, 2005. Mais il sâagit dâun discours incantatoire et ce sont finalement les gouvernements qui ont la charge mettre en place des mesures concrĂštes pour atteindre ces objectifs, et qui se retrouvent devant le choix de scolariser une majoritĂ© dâenfants avec les moyens dont ils disposent ou bien de fournir une meilleure Ă©ducation Ă une minoritĂ©. Lâoption de la massification retenue par le SĂ©nĂ©gal a permis Ă des enfants en marge du systĂšme scolaire, en lâoccurrence ceux des zones rurales et de quartiers urbains dĂ©favorisĂ©s, dâĂȘtre scolarisĂ©s. La massification est le premier Ă©lĂ©ment de la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s scolaires puisquâelle permet au plus grand nombre dâaccĂ©der Ă lâĂ©cole. Cependant, si lâaccĂšs Ă lâĂ©cole est une condition incontournable pour lâacquisition des savoirs scolaires, ce nâest pas une condition suffisante. Les Ă©lĂšves doivent non seulement aller Ă lâĂ©cole, mais y acquĂ©rir les connaissances qui leur permettront de sây maintenir et dây progresser » Henaff & Lange, 2011. Aussi, pour le SĂ©nĂ©gal, maintenant que lâuniversalisation de lâĂ©cole est en phase dâĂȘtre atteinte, lâinvestissement dans la qualitĂ© paraĂźt envisageable et pourrait permettre de rendre une expansion scolaire durable, de stimuler la demande dâĂ©ducation et de former des Ă©lĂšves avec de meilleures compĂ©tences.
Avec un taux de croissance du PIB de 6 %Âč en 2019, le SĂ©nĂ©gal est la deuxiĂšme Ă©conomieÂČ dâAfrique francophone. Câest un pays politiquement stable dotĂ© dâune Ă©conomie saine. AprĂšs le succĂšs du PSE Plan SĂ©nĂ©gal Ămergent qui a permis de mettre en place une Ă©conomie de marchĂ© Ă lâintĂ©rieur du pays, le gouvernement a entrepris dâamĂ©liorer le climat des affaires pour attirer les investisseurs Ă©trangers. Quels sont les avantages dâinvestir au SĂ©nĂ©gal ? Quels sont les obstacles en matiĂšre de rĂ©glementation, de financement ? Une fois ces problĂšmes rĂ©glĂ©s, penchez-vous sur la question des transactions comment envoyer de lâargent vers le SĂ©nĂ©gal sans payer trop de frais bancaires ? Nous vous conseillons de passer par un prestataire comme Wise. Vous profiterez ainsi de tarifs Ă la fois compĂ©titifs et transparents. Pourquoi investir au SĂ©nĂ©gal ? Avantages Ressources humaines 26,5 % du budget annuel sĂ©nĂ©galais est consacrĂ© Ă lâĂ©ducation chiffre de 2016Âł. 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Travaux, fournitures, services courants, prestation intellectuelle faites une recherche en fonction des compĂ©tences de votre entreprise et candidatez aux offres qui vous intĂ©ressent. Investir au SĂ©nĂ©gal dans lâagriculture lâagriculture est un axe de dĂ©veloppement prioritaire pour le pays. Le gouvernement souhaite atteindre lâautosuffisance alimentaire le plus rapidement possible afin de ne plus dĂ©pendre des importations de riz. Sur son site, lâAgence Française de DĂ©veloppement rĂ©pertorie un grand nombre de projets agricoles en attente dâinvestissement. Comment financer votre investissement ? Sources de financements Pour financer votre projet dâinvestissement, plusieurs solutions sont possibles AFD lâAgence Française pour le DĂ©veloppement offre diffĂ©rents types de financement, dont des prĂȘts, des subventions ou diffĂ©rents programmes. Rendez-vous sur le site pour en savoir plus. Banque commerciale vous pouvez trouver la liste des Ă©tablissements de crĂ©dit Ă destination des entreprises sur le site de lâIZF Investir en Zone Franc Fonds personnel Ouvrir un compte professionnel au SĂ©nĂ©gal Les documents Ă fournir dĂ©pendent de lâoffre bancaire Ă laquelle vous souhaitez souscrire. Pour un compte personnel, on vous demandera en gĂ©nĂ©ral 3 photos dâidentitĂ© Photocopie de votre passeport Justificatif de domicile Ă votre nom Pour les comptes professionnels, la liste est un peu diffĂ©rente. Le CrĂ©dit du SĂ©nĂ©galâ¶ par exemple demande de fournir les documents suivants AgrĂ©ment, permis dâexploitation ou registre de commerce Copie de la piĂšce dâidentitĂ© Photo Justificatif de domicile Justificatif du lieu dâexercice. Pour en savoir plus, allez lire notre article spĂ©cial sur lâouverture dâun compte bancaire professionnel Ă lâĂ©tranger. 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Les procĂ©dures relatives Ă lâinvestissement Ă©tranger Les procĂ©dures pour investir au SĂ©nĂ©gal Voici un petit vade-mecum des choses Ă savoir si vous souhaitez lancer financer une entreprise ou un projet au SĂ©nĂ©gal LibertĂ© dâĂ©tablissement la loi offre une grande libertĂ© aux investisseurs, et ce dans tous les secteurs de lâĂ©conomie. Les Ă©trangers ne font lâobjet dâaucune restriction particuliĂšre par rapport aux SĂ©nĂ©galais. RĂ©glementation le SĂ©nĂ©gal a promulguĂ© ces derniĂšres annĂ©es un Code des investissements », qui sert de cadre lĂ©gal. Il stipule notamment que les personnes physiques ou morales Ă©trangĂšres reçoivent un traitement identique Ă celui des personnes physiques ou morales sĂ©nĂ©galaises ». Le document peut ĂȘtre consultĂ© ici. Obligation de dĂ©claration les investissements doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s auprĂšs de lâAgence de promotion des investissements du SĂ©nĂ©gal APIX. Quelle demande dâautorisation ? 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