28FĂ©vrier 2013. Un petit dessin vaut mieux quâun long discours câest certain ! Un petit dessin vaut mieux quâun long discours câest certain ! La derniĂšre fois, nous avions clĂŽturĂ© une sĂ©rie dâarticles qui traitaient de la motivation puis de lâaccompagnement au changement. Et donc, Ă partir dâaujourdâhui, nous allons
Unbon dessin vaut mieux quâun long discours. Signaler ce post Jurimanagement Jurimanagement PubliĂ© le 7 juin 2022 + Suivre Depuis toujours les acteurs et professionnels du monde du droit ont eu beaucoup de mal Ă communiquer et se faire comprendre de leurs clients et des non juristes. Cette complexitĂ© doublĂ©e dâune terminologie savante (et souvent latine) a Ă©tĂ©
Un dessin vaut mieux qu'un long discours" dit lâadage. En cette journĂ©e de commĂ©moration du gĂ©nocide des Roms, Ă©coutez l'hi stoire de cet homme qui s'est battu toute sa vie pour dĂ©fendre l'identitĂ© de son peuple. Voir plus
europarleuropa.eu. europarl.europa.eu. I also believe in the power of good example. europarl.europa.eu. europarl.europa.eu. Un p etit dessin vaut mieux qu'un long discours ! 14000registry.com. 14000registry.com. One little picture says more than a long speech!
PourrĂ©agir Ă la complexitĂ© du droit, Ă lâinflation des textes lĂ©gislatifs et rĂ©glementaires, rien de mieux que la visualisation par le dessin. Les professionnels du droit ont tout intĂ©rĂȘt Ă intĂ©grer le legal design dans la communication relationnelle avec leurs clients (rarement juristes), pour une meilleure lisibilitĂ© et transmission de lâinformation juridique.
Un dessin vaut mieux qu'un long discours !â Jâai toujours eu en tĂȘte cet adage quand il sâagissait de rĂ©diger une procĂ©dure, et pour aller plus loin je considĂ©rais que celle-ci devait donc ĂȘtre graphique ainsi que tenir sur une page A4. Pour autant il Ă©tait difficile de partager cette dĂ©marche sans disposer de quelque mĂ©thodologie bien Ă©tablie que mes collĂšgues ne
Traductionsen contexte de "dessine mieux qu'" en français-anglais avec Reverso Context : Enfin, je ne veux pas dire que je dessine mieux qu'un artiste, mais bon, j'Ă©tais quand mĂȘme sĂ»r de pouvoir mieux dessiner qu'un programmeur.
WB0uZfQ. Je ne rĂ©siste pas au plaisir de vous faire partager cette sĂ©rie de dessins destinĂ©es Ă illustrer des termes Ă©lectroniques parfois assez austĂšres. Exemples Merci Ă lâartiste et Ă Agilent! Si vous aimez, nâhĂ©sitez pas Ă consulter la sĂ©rie complĂšte. Sur le mĂȘme sujet CQWW c'est ce week-end ! Bon exemple PlutĂŽt bon signe ! Bon plan Bricovis
SĂ©rie dĂ©cryptage dâimages. Commençons notre sĂ©rie dâanalyse dâimages avec ce dessin intitulĂ© Parcours Initiatique ». © Dans lâesprit de lâauteur et de la plupart des lecteurs de culture occidentale, elle illustre extrĂȘmement bien le problĂšme de la prison, fabrique Ă terroristes ». Mais pour comprendre ce message, quelles connaissances sont nĂ©cessaires? Il faut â savoir ce quâest le Monopoly â savoir quâil y a une case prison sur le Monopoly y avoir dĂ©jĂ jouĂ©, donc â connaitre le contexte gĂ©nĂ©ral ce dĂ©bat français sur la prison créée-t-elle des terroristes? » Une fois tout cela pris en compte, reste encore des questions. Quel est ce petit personnage qui pointe un Ćil derriĂšre lâune des portes du bĂątiment? [RĂ©ponse câest Kiko, la mascotte du journal Le Vif, qui apparait dans chaque caricature]. Pourquoi les personnages de cette image sont-ils des chiens? Lâauteur connait-il lâimage gĂ©nĂ©rale du chien dans le monde musulman image trĂšs nĂ©gative, chien » Ă©tant une insulte trĂšs courante ? Que comprend un jeune musulman habitant un pays non-occidental, en regardant cette image? Comprend-il la mĂȘme chose que moi, occidental non-musulman amateur dâactualitĂ©, de dessin de presse et de bande dessinĂ©e? Avons-nous la mĂȘme dĂ©finition du mot Jihad? Pas sĂ»r. Nicolas Vadot, dessinateur de presse en Belgique et auteur de ce dessin, a rĂ©pondu Ă toutes ces questions. Si je commence Ă me demander comment un dessin va ĂȘtre perçu par chacun des 6 milliards de terriens, je ne dessine plus. Câest lĂ toute la question centrale de la libertĂ© dâexpression. » Quel est le contexte de la crĂ©ation de cette image date, dĂ©bats en cours Ă ce moment lĂ âŠ, sa destination originelle titre de presse, image pour votre site internet, pour un livre?, et surtout la façon dont vous lâavez conçue, le pourquoi des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments symboliques utilisĂ©s, et le message que vous vouliez faire passer ? Il a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© aprĂšs la tuerie du MusĂ©e juif Ă Bruxelles [Mai 2014]. Bizarrement, Le Vif ne lâa pas publiĂ© Ă lâĂ©poque, lui prĂ©fĂ©rant un autre dessin, beaucoup moins bon, sur le sujet je leur en donne en gĂ©nĂ©ral six, ils en prennent quatre dans le journal. Mais comme je lâaimais beaucoup, je lâai mis dans le best of du numĂ©ro de fin dâannĂ©e, datĂ© du 26 dĂ©cembre. Ce nâest pas de la censure, mais un choix Ă©ditorial que je ne partageais pas. Et câest trĂšs rare, dans Le Vif. Ce qui mâintĂ©resse ici nâest pas tant de dessiner sur la tuerie, car je ne vois pas ce que mon dessin pourrait apporter on lâa vu Ă lâoccasion du massacre de Charlie et ces tonnes de dessins nuls avec des crayons cassĂ©s ou montrant des dessinateurs notoirement athĂ©es allant au Ciel â moi je nâai fait quâune seule allusion Ă lâau-delĂ , avec les 72 vierges, mais sinon je ne me voyais pas dessiner des bouffeurs de curĂ©s avec des ailes et des airs de chĂ©rubins et de toute façon je ne voulais dessiner les dessinateursâŠ. Ce qui mâintĂ©resse ici, câest le parcours de Mehdi Nemmouche et comment, une fois de plus, un ĂȘtre humain devient un monstre. Je rĂ©affirme ici doublement le rapport Ă lâenfance, par le parcours et par le fait que lâon soit dans un jeu de sociĂ©tĂ©, et pas nâimporte lequel le Monopoly, symbole du capitalisme. Donc par ricochet, câĂ©tait le cadre visuel idĂ©al pour Ă©voquer les racines de la dĂ©linquance, qui sont notamment dâordre Ă©conomique. Et le thĂšme principal est ici la radicalisation en prison. Pour ce faire, je joue sur lâimagination du lecteur câest lui qui va imaginer ce petit chien un peu mĂ©diocre se transformer en loup en prison. Aucune compassion pour ce parcours non plus câest juste une observation clinique des faits. Je nâai fait aucune allusion au caractĂšre antisĂ©mite de lâattaque, car pour moi le problĂšme est plus gĂ©nĂ©ral les islamistes ne sâattaquent pas quâaux Juifs, mais au genre humain en gĂ©nĂ©ral. Pas une goutte de sang non plus dans ce dessin. Pas utile dâen ajouter. Au moment de dessiner ce dessin, avez-vous conscience de lâimage et du symbolisme associĂ© au chien [image extrĂȘmement nĂ©gative] dans le monde musulman? Non, pas du tout. Du reste, si vous regardez le dessin, voyez-vous une quelconque connotation Ă lâislam accolĂ©e au chien ? Si jâavais mis un croissant et une Ă©toile sur le chien, lĂ oui, Ă©videmment. Mais je ne lâai pas fait. Et mĂȘme pas de maniĂšre consciente, en plus. Câest un chien errant assez inoffensif, qui pourrait ĂȘtre chrĂ©tien, athĂ©e, bouddhiste ou musulman, peu importe. Les jeunes des banlieues qui entrent en prison sont souvent trĂšs peu intĂ©ressĂ©s par la religion. Ils le deviennent au contact des gens quâils frĂ©quentent. Sa casquette est rouge, alors que jâaurais pu la faire verte, couleur de lâislam. Non, je lâai fait en rouge, couleur de la violence et de la passion. Et il fume. or, un chien, ça ne fume pas, et un bon croyant non plus. Jâaurais pu ajouter une canette de biĂšre vide, mais ça aurait surchargĂ©. Les mouches indiquent quâil ne sent pas trĂšs bon, Ă tous les sens du terme câest un traĂźne-savate, comme lâindique sa dĂ©marche et son regard vide. Jâai lâhabitude de ne jamais utiliser les symboles religieux Ă la lĂ©gĂšre, ça vaut aussi pour lâĂ©toile de David ou la croix. » De mĂȘme sur le loup, il nây a aucun signe religieux, si ce nâest que jâindique que le livre est le Coran. Jâaurais pu mettre le croissant et lâĂ©toile en plus, mais non, je ne lâai pas fait, prĂ©cisĂ©ment parce que je pense que la religion nâa rien Ă voir lĂ -dedans il sâagit de radicalisme, qui aurait pu trouver dâautres formes que la religion il y a quarante ans, avec les mouvances dâextrĂȘme gauche, aussi religieuses » dans leur maniĂšre de vouloir imposer leur » vĂ©ritĂ© par la violence. Jâai plus de 20 ans de mĂ©tier et jâai lâhabitude de ne jamais utiliser les symboles religieux Ă la lĂ©gĂšre, ça vaut aussi pour lâĂ©toile de David ou la croix. Maintenant que je vous fais cette remarque, pensez-vous que si un musulman vivant dans une autre partie du monde tombe sur ce dessin, il lâinterprĂ©tera de la façon Ă laquelle vous pensiez lorsque vous, vous lâavez dessinĂ©? Un fanatique interprĂštera toujours un dessin de la façon qui lui convient. Moi, si je commence Ă me demander comment un dessin va ĂȘtre perçu par chacun des 6 milliards de terriens, je ne dessine plus. Câest lĂ toute la question centrale de la libertĂ© dâexpression. Et dans ce cas-ci, je le rĂ©pĂšte, il nây aucune vision dĂ©gradante de quelconque religion que ce soit, tout simplement parce que le sujet de ce dessin nâest pas la religion, mais la dĂ©linquance. DâoĂč lĂ encore lâabsence de rĂ©fĂ©rent au caractĂšre antisĂ©mite de lâattaque. Bonus quel dessin le journal a t-il choisi ce jour lĂ , finalement? Cette hilarante scĂšne © Elle ne vous fait pas rire? Câest probablement que vous nâavez pas les rĂ©fĂ©rences nĂ©cessaires. Peut-ĂȘtre connaissez-vous Bernard Cazeneuve ministre français de lâIntĂ©rieur. Et JoĂ«lle Milquet? CâĂ©tait la ministre fĂ©dĂ©rale de lâIntĂ©rieur en Belgique Ă lâĂ©poque. Article postĂ© le lundi 19 janvier 2015 par Thierry Soulard A propos de lâauteur du dessin NĂ© au sud de Londres en 1971, dâun pĂšre français et dâune mĂšre anglaise, Nicolas Vadot passe son enfance en France, avant dâĂ©migrer Ă Bruxelles Ă lâĂąge de 17 ans. Il possĂšde la triple nationalitĂ© franco-britannico-australienne. Il publie son premier dessin dans Le Vif/LâExpress le 10 dĂ©cembre 1993. En 1999, la rĂ©daction du magazine lui confie une page hebdomadaire, La Semaine de Vadot, dans laquelle il illustre lâactualitĂ© politique nationale et internationale. Depuis 2007, il est Ă©galement en charge de la page 3 du journal, pour laquelle il rĂ©alise un grand dessin en pleine page. Vadot est par ailleurs dessinateur attitrĂ© du quotidien lâEcho depuis septembre 2008. ParallĂšlement au dessin de presse, il est aussi auteur de bande dessinĂ©e, et publie entre 2001 et 2004 la trilogie Norbert lâImaginaire, aux Ăditions du Lombard, en compagnie dâOlivier GuĂ©ret, co-scĂ©nariste. Le duo se reforme en 2006 pour un album one-shot intitulĂ© 80 Jours, paru aux Ă©ditions Casterman. En 2009, Vadot sort son premier album solo, intitulĂ© Neuf Mois. Il publie Ă©galement un recueil de dessins politiques en anglais, The George W. Bush Years, consacrĂ© aux annĂ©es Bush et publiĂ© par lâĂ©diteur australien New Holland, en 2007. Octobre 2010, sortie dâun recueil de 144 pages, 200 dessins qui fĂąchent, aux Ă©ditions Renaissance du livre. En 2011, il reçoit simultanĂ©ment le troisiĂšme prix du Press Cartoon Europe PCE et le deuxiĂšme prix du Press Cartoon Belgium PCB. En juin, il rĂ©alise un timbre pour la Poste belge, sur le thĂšme de LâHumour fait la force » Fin aoĂ»t 2011 sortent simultanĂ©ment deux livres Maudit Mardi ! tome 1, un album de BD financĂ© uniquement par les internautes et publiĂ© par Sandawe, et Onde de choc, recueil de dessins de presse sur les dix ans du 11-Septembre Ă©ditions Renaissance du livre 2012, sortie de Casse-toi pauvâcon sur les annĂ©es Sarkozy mars, du tome 2 de Maudit Mardi! septembre et de lâintĂ©grale de Norbert lâImaginaire octobre. En fĂ©vrier, Vadot reçoit Ă nouveau le deuxiĂšme prix du Press Cartoon Belgium. Il est Ă©galement chroniqueur radio sur les ondes de La PremiĂšre, dans lâĂ©mission On Nâest Pas rentrĂ©, depuis septembre 2011. Son dernier livre, 20 ans Ă Vif », recueil reprenant les meilleurs dessins de 20 ans de carriĂšre au Vif/LâExpress, est paru en 2013. Il vit Ă Bruxelles. Son site internet â Le Vif/LâExpress est un hebdomadaire belge diffusĂ© Ă 80 000 exemplaires. Ă propos de l'auteur de cet article Thierry Soulard Thierry Soulard est journaliste indĂ©pendant, et passionnĂ© par les relations entre l'art et les nouvelles technologies. Il a travaillĂ© notamment pour Ouest-France et pour La Nouvelle RĂ©publique du Centre-Ouest, et Ă vĂ©cu en Chine et en Malaisie. De temps en temps il Ă©crit aussi des fictions et il arrive mĂȘme qu'elles soient publiĂ©s dans Lanfeust Mag, ou dans des anthologies comme "TombĂ© les voiles", Ă©ditions Le Grimoire. En savoir
Pour ouvrir ou fermer le sommaire cliquez ici âș Un bon croquis vaut mieux quâun long discours » NapolĂ©on BonaparteEn quoi consistait lâĂ©tude ?La mĂ©morisation par le dessin ferait Ă©chec au soi-disant dĂ©clin cognitifLa thĂ©orie du double codagemĂ©moire procĂ©durale + mĂ©moire imagĂ©e, une trĂšs vieille histoireNos mĂ©moires les plus anciennes sont aussi les plus solidesEn plus, le dessin est plus efficace que les autres moyens !Ces moyens nâont pas dĂ©mĂ©ritĂ© pour autant Un bon croquis vaut mieux quâun long discours » NapolĂ©on Bonaparte Mise Ă jour du 7 mai 2022 Dessiner booste la mĂ©moire⊠Eh oui⊠Mon attention vient dâĂȘtre attirĂ©e par un article paru dans un journal de lâAssociation for Psychological Science, dont le rĂ©sumĂ© a Ă©tĂ© repris par ScienceAlert et quelques autres sites, dont le Huffington Post. Lâarticle Ă©tait sobrement intitulĂ© Les scientifiques trouvent un truc simple pour se souvenir de presque tout ».Tout un programme ! Le truc simple, câest le dessin. Pas le dessin dâart, non ; mais le dessin ordinaire, le croquis, comme vous pouvez le faire, mĂȘme maladroitement. Dessiner amĂ©liore la mĂ©moire, facilite le rappel. Evidemment, je connais ça depuis longtemps. Je lâĂ©voquais dĂ©jĂ dans mon premier ouvrage DĂ©cuplez voter mĂ©moire par la mĂ©thode Memori, qui date de 1993. Je me fondais, dâune part, sur la thĂ©orie du double codage et dâautre part, sur⊠lâexpĂ©rience. Et, vous savez, on en tient une couche dâexpĂ©rience ! Pensez donc ça date de lâAntiquité⊠Les anciens Grecs et les Romains le disaient, lâĂ©crivaient, le pratiquaient. A cette Ă©poque, les supports dâĂ©criture Ă©taient rares, chers et mĂȘme hors de prix. Alors on faisait marcher sa mĂ©moire ! Et ceux qui en avaient le plus besoin Ă©taient les orateurs, les politiciens souvent les mĂȘmesâŠ, les avocats idem⊠ça nâa pas beaucoup changĂ© !. Ils ne pratiquaient guĂšre le dessin. Mais tous pratiquaient des mĂ©thodes mnĂ©motechniques. Et tous utilisaient aussi la mise en image des choses Ă retenir. Mentalement, Ă dĂ©faut de pouvoir le dessiner. Plus tard, avec lâinvention du papier, les mnĂ©monistes sont passĂ©s au dessin. Finalement, câest assez amusant de voir quâen aoĂ»t 2018, une sĂ©rieuse Ă©quipe scientifique de lâuniversitĂ© de Waterloo non, pas en Belgique, au Canada ! pousse un eurĂȘka pour avoir retrouvĂ© ça⊠MalgrĂ© tout, leur Ă©tude est intĂ©ressante parce quâils ont testĂ© dâune part, des personnes de moins de 20 ans et, dâautre part, des personnes trĂšs ĂągĂ©es plus de 80 ans. Le grand Ă©cart, quoi ! En quoi consistait lâĂ©tude ? On donnait aux participants une sĂ©rie de mots. Ils devaient tantĂŽt Ă©crire des mots, tantĂŽt dessiner ce quâils reprĂ©sentaient. AprĂšs quoi, on leur faisait Ă©couter de la musique. Pour les aider Ă mĂ©moriser ? Ah non alors, pas du tout ! Bien au contraire. CâĂ©tait pour les distraire de ce quâils venaient de faire⊠Cet intermĂšde, dans le mĂ©tier, on appelle ça un distracteur. Ăa porte bien son nom. Il se trouve, en effet, que les distractions, les interruptions sont les pires ennemis de la mĂ©moire⊠Ensuite, seconde partie du test on leur demandait de se rappeler les mots quâon leur avait donnĂ©s. RĂ©sultat identique chez les jeunes et les vieux ils ont tous restituĂ© plus de mots lorsquâils avaient fait un dessin, mĂȘme trĂšs approximatif. La moindre Ă©bauche, le moindre schĂ©ma, suffit. Câest mĂȘme spectaculaire. Ăa ne mâapprend rien. Mais lâĂ©quipe Ă©tait contente. Elle a dĂ©couvert ce que tout le monde savait dĂ©jĂ depuis lâAntiquitĂ© le dessin aide Ă mĂ©moriser. Il faut toujours encourager les bonnes volontĂ©s, hein ? Et puis, elle a eu quand mĂȘme le mĂ©rite de comparer des jeunes blancs becs et des vieux croulants. đ Ăa, câĂ©tait nouveau. Par ailleurs, Ă©tant donnĂ© que lâexpĂ©rience Ă©tait minutĂ©e, on a remarquĂ© que les blancs becs restituaient plus de mots que les croulants. Pas nouveau du tout, ça, pour le coup. Câest connu, et câest ce qui est Ă lâorigine du mythe du dĂ©clin cognitif. On en parle partout dans la memorisphĂšre. Je rappelle tout de mĂȘme que, si lâon ne leur met pas de limite de temps, les performances des aĂźnĂ©s sont trĂšs honorables. En gros, il l leur faut 2 fois plus de temps pour faire aussi bien que les pâtits jeunes. Il sâagit donc dâun dĂ©clin de la vitesse de traitement et non pas dâun dĂ©clin cognitif. .. Non, mais ! La mĂ©morisation par le dessin ferait Ă©chec au soi-disant dĂ©clin cognitif Et justement, câest lĂ que lâĂ©tude est intĂ©ressante. Ben oui, quoi. Câest pas parce que je me moque des chercheurs qui redĂ©couvrent la roue que leurs Ă©tudes sont sans intĂ©rĂȘt ! Ils ont trouvĂ© que les jeunes retrouvaient plus de mots par le dessin. Les vieux aussi. Mais, justement, lâamĂ©lioration Ă©tait beaucoup plus nette chez les vieux. Câest comme si le dĂ©clin de la vitesse de traitement concernait plus les mots que leur reprĂ©sentation imagĂ©e. Les dessins semblent Ă©chapper, dans une large mesure, Ă ce dĂ©clin. Pour les jeunes câest juste un petit plus. Pour les vieux, câest un trĂšs gros plus. Câest tellement vrai que les auteurs se demandent si ça ne pourrait pas aider les personnes atteintes par la maladie dâAlzheimer. On sâachemine vers lâidĂ©e de leur demander de dessiner leurs courses Ă faire, par exemple. Et, en effet, dessiner les produits Ă acheter semble efficace. Du moins au dĂ©but, quand la maladie nâest pas devenue complĂštement invalidante. Dans le mĂȘme ordre dâidĂ©e, dessiner une reprĂ©sentation des choses Ă faire dans la journĂ©e, du repas Ă prĂ©parer, des rendez-vous, etc., ça marche aussi. Mais, dites-moi, vous ne trouvez pas ça bizarre, vous ? Pourquoi donc un dessin faciliterait-il le rappel ? Ăa aussi, câest une vieille histoire. DĂšs quâon sâest intĂ©ressĂ© aux mĂ©canismes de la mĂ©moire, une thĂ©orie a vu le jour la thĂ©orie du double codage. Si on vous dit stylo », vous faites appel au codage verbal lexical et sĂ©mantique pour vous rappeler ce que câest. Si on vous montre un stylo, en plus, vous rapportez ce que vous voyez Ă une image standard de stylo que vous avez stockĂ©e en mĂ©moire. La thĂ©orie du double codage Comme cette mĂ©moire imagĂ©e est liĂ©e aux autres, elle vous rappelle aussi ce que câest. Stylo » est codĂ© deux fois, dans des circuits neuronaux diffĂ©rents. VoilĂ pourquoi vous avez deux voies diffĂ©rentes pour vous rappeler. Et plus dâefficacitĂ© pour retrouver le souvenir. Eh bien, cette thĂ©orie sâest rĂ©vĂ©lĂ©e correcte Ă lâĂ©preuve des Ă©tudes scientifiques. Celles-ci ont confirmĂ© lâexpĂ©rience ancestrale pour laquelle la thĂ©orie du double codage sâimposait quasiment dâelle-mĂȘme. Mais, aujourdâhui, nous savons que câest beaucoup plus riche que ça. On a dĂ©couvert en effet que nous avons, que vous avez, une bonne vingtaine de mĂ©moires. Et nous savons que la plus rĂ©sistante, câest la mĂ©moire procĂ©durale, dont fait partie la mĂ©moire motrice. Or, vos gestes pour dessiner vont laisser leur empreinte dans votre mĂ©moire motrice. Donc, se rappeler ce que vous avez dessinĂ© fera appel Ă votre mĂ©moire imagĂ©e ET Ă votre mĂ©moire motrice. Vous aurez donc 2 voies de rappel en plus de la voie verbale, qui elle-mĂȘme est dĂ©jĂ double. Ce serait diffĂ©rent si vous nâaviez pas fait vous mĂȘme le dessin. Pour vous rappeler dâacheter un stylo, regarder lâimage dâun stylo est, certes, dĂ©jĂ plus efficace que regarder le mot stylo Ă©crit. Vous activez votre mĂ©moire imagĂ©e. Mais pas votre mĂ©moire motrice. Alors que, si vous dessinez le stylo, vous ajoutez la voie motrice pour vous souvenir. Cependant, en quoi la mĂ©moire motrice ajoute-t-elle de lâefficacitĂ© Ă la mĂ©moire imagĂ©e ? Câest parce quâelles sont liĂ©es, notamment au travers de la mĂ©moire sĂ©mantique. Vous ne pouvez pas dessiner une Ă©bauche de stylo sans ĂȘtre conscient de ce que câest. Les traces neuronales des gestes effectuĂ©s pour faire votre esquisse sont liĂ©es Ă lâenregistrement de stylo » en mĂ©moire sĂ©mantique. En mĂ©morisant le crayon Ă la main, vous activez donc des zones supplĂ©mentaires de votre cerveau. Et plus vous avez de zones impliquĂ©es dans une mĂ©morisation, plus la remĂ©moration sera rapide et correcte. mĂ©moire procĂ©durale + mĂ©moire imagĂ©e, une trĂšs vieille histoire Allons un peu plus loin. La mĂ©moire motrice fait partie de la mĂ©moire procĂ©durale. Mais câest quoi, ça ? Non, câest pas un gros mot. Eh bien, câest la mĂ©moire dâune compĂ©tence ou dâune expĂ©rience acquise par lâexercice sur un assez long temps de sorte que, une fois que vous lâavez acquise, vous ne savez plus vraiment comment vous vous y ĂȘtes pris. Ainsi, vous savez parler, vous savez lire. Vous savez faire du vĂ©lo et conduire votre voiture. Vous savez aussi marcher, courir et vous brosser les dents. Mais sauriez-vous dĂ©tailler les Ă©tapes de votre apprentissage ? En rĂ©alitĂ© vous les avez oubliĂ©es. Ce quâil vous reste câest votre savoir-faire, mais pas la maniĂšre dont vous lâavez acquis. La plupart du temps, vous avez utilisĂ© votre mĂ©moire procĂ©durale pour faire cela. Cette mĂ©moire est probablement la plus solide de toutes. La preuve, dans le cas de la maladie dâAlzheimer au dernier stade, câest celle qui sombre en dernier. Câest probablement, aussi, une des plus anciennes. Lâhomme prĂ©historique nâavait pas de vĂ©lo mais il savait marcher. Il nâavait pas besoin de se remĂ©morer, tous les matins, le mode dâemploi de ses jambes⊠Ăa se faisait tout seul. Ce mĂȘme homme avait aussi une mĂ©moire des images performante. Sa survie en dĂ©pendait. Et tiens tiens⊠il a commencĂ© Ă dessiner bien avant dâinventer le langage. LâHomme a donc trĂšs tĂŽt reliĂ© la mĂ©moire motrice et la mĂ©moire imagĂ©e. Et quand les prĂ©historiens se posent la question pourquoi dessinaient-ils ? », leurs rĂ©ponses impliquent toujours la mĂ©moire. Leur hypothĂšse la plus frĂ©quente, depuis longtemps, câest que les dessins ou les peintures sur les parois des grottes leur permettaient de communiquer ce quâils avaient vu, de se le remĂ©morer. Par exemple, pour consigner une technique de chasse et la mettre Ă disposition des autres. Quoi quâil en soit, dessin et mĂ©moire sont liĂ©s depuis la prĂ©histoire. Nos mĂ©moires les plus anciennes sont aussi les plus solides Patrick Paillet, un prĂ©historien du MusĂ©e de lâHomme, avance que câĂ©tait une façon de communiquer avec son groupe, avec dâautres hommes, transmettre sa propre vision du monde et perpĂ©tuer une mĂ©moire au service du mythe ou de toute autre histoire ». Ce scientifique voit plus loin que la transmission pratique. Et il est vrai que dâautres prĂ©historiens pensent que ces peintures pourraient avoir eu aussi des implications religieuses. En tout cas, lorsque notre ancĂȘtre peignait une scĂšne de chasse il y a ans il fallait bien quâil ait gardĂ© en mĂ©moire ce quâil avait vu. Il avait dĂ©jĂ une mĂ©moire imagĂ©e bien avant lâinvention du langage. Et une mĂ©moire motrice, Ă©videment, puisquâil marchait, chassait, ornait des grottes etc. On imagine mal quâil ait du rĂ©inventer ces savoir-faire tous les matins⊠Je trouve frappant que cette mĂ©moire imagĂ©e, probablement aussi ancienne que la mĂ©moire motrice, soit aussi une des derniĂšres Ă sâĂ©teindre lors de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence cĂ©rĂ©brale. Je ne suis donc pas Ă©tonnĂ© de son efficacitĂ© tout au long de la vie. Elles sont dâailleurs trĂšs logiquement liĂ©es. DĂšs que lâhomme sâest dĂ©placĂ©, il a enregistrĂ© ce quâil percevait par la vue et les autres sens. A cette Ă©poque, sa mĂ©moire Ă©tait essentiellement perceptive. Mais la variĂ©tĂ© et la quantitĂ© de ses enregistrements perceptifs lui venaient bien de son nomadisme. MĂ©moire motrice et mĂ©moire imagĂ©e sont donc liĂ©es depuis des dizaines de milliers dâannĂ©es. Voyez dâailleurs Ă ce sujet mon essai sur la mĂ©morisation dans la prĂ©histoire. En plus, le dessin est plus efficace que les autres moyens ! Revenons au dessin que vous avez fait dâun stylo. Votre mĂ©morisation va impliquer au moins 2 mĂ©moires verbales. Dâabord, la mĂ©moire lexicale comment ça sâĂ©crit. MĂȘme si vous ne lâĂ©crivez pas, elle sera automatiquement activĂ©e. Puis, la mĂ©moire sĂ©mantique quâest-ce que câest, Ă quoi ça sert ?. MĂȘme si vous nây pensez pas vraiment tellement câest Ă©vident, elle sera activĂ©e aussi. Que ce soit en pensant Ă un stylo, en entendant ou en lisant le mot, ou en le dessinant, ces mĂ©moires seront automatiquement activĂ©es. Ensuite, dessiner va rajouter deux mĂ©moires Ă votre mĂ©morisation. La mĂ©moire motrice, celle de vos gestes et la mĂ©moire imagĂ©e dĂšs que vous aurez créé une image. Ce sont donc 2 systĂšmes de codage supplĂ©mentaires. On parle de double codage mais on pourrait, Ă premiĂšre vue, parler ici de quadruple codage⊠En fait, câest encore plus que ça on devrait plutĂŽt parler de multi codage. En effet, vous avez aussi mĂ©morisĂ© des Ă©pisodes dans lesquels vous avez utilisĂ© votre stylo. Par exemple quand vous avez Ă©tĂ© tĂ©moin de mariage et que vous avez signĂ© le registre⊠Stylo » est donc Ă©galement prĂ©sent dans votre mĂ©moire Ă©pisodique. HonnĂȘtement, je ne crois pas que ce soit ça qui va le plus vous aider Ă ne pas oublier dâacheter un stylo quand vous irez faire vos courses⊠NĂ©anmoins, toutes les traces mnĂ©siques de stylo » concourent Ă des degrĂ©s divers Ă vous faciliter le rappel. LâĂ©quipe de lâUniversitĂ© de Waterloo ne nie dâailleurs pas quâil y a dâautres facilitateurs pour rappeler lâinformation mĂ©morisĂ©e. Mais elle a dĂ©montrĂ© que le dessin faisait mieux que les mĂ©thodes suivantes utilisĂ©es seules Collaboration sĂ©mantique Ă plusieurs, rechercher, vĂ©rifier le sens Visualisation voir en esprit Ecriture Ă©crire le mot Ecriture dâinformations concernant le mot. Ces moyens nâont pas dĂ©mĂ©ritĂ© pour autant A vrai dire, la visualisation marche trĂšs bien. Et si je recommande parfois dây ajouter le dessin, il y a une raison, que vous connaissez maintenant. Les autres techniques ne marchent pas trop mal. Par exemple, lorsque vous ne savez plus lâorthographe dâun mot, il vous suffit souvent de lâĂ©crire rapidement, sans trop y penser, pour la retrouver. Si vous avez du mal Ă retrouver un numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, il suffit souvent de le composer au clavier pour le retrouver comme par enchantement⊠Seulement voilĂ le dessin fait encore mieux ! Les auteurs pensent que le dessin favorise surtout lâintĂ©gration, en enrichissant le contexte. Si vous avez besoin dâen savoir plus sur lâintĂ©gration, allez voir mon infographie. Et si vous avez besoin dâen savoir plus sur toutes vos mĂ©moires, je vous recommande lâarticle Combien de mĂ©moires avez-vous ? . Tout y est. enfin presque⊠SommaireTitre de l'articlePourquoi dessiner booste votre mĂ©moireDescriptionJe recommande souvent de visualiser et de dessiner. Ce n'est pas sans raison. La recherche scientifique le PICARD
Quand quelqu'un ne comprend pas ce que nous lui disons, il nous arrive de lui proposer un croquis. Un bon dessin ne vaut-il pas mieux parfois qu'un long discours ? Plus rapide et plus parlante De fait, l'image transmet trĂšs rapidement une masse d'informations, beaucoup plus vite qu'un texte. Les panneaux de signalisation en sont une belle illustration. Il suffit de connaĂźtre le code de la route et nous comprenons tout de suite. En informatique, chacun a pu constater qu'un fichier image est bien plus lourd » qu'un fichier texte. C'est un peu comme pour nous dire ce que nous ressentons intuitivement l'image vĂ©hicule bien plus d'informations que le texte. Elle est en elle-mĂȘme un langage valant bien mots. Plus accessible Un autre facteur joue largement en faveur de l'image. Elle correspond au fonctionnement de notre cerveau. Celui-ci stocke d'abord des images ; les mots ne viennent qu'ensuite lorsqu'ils ont pu ĂȘtre associĂ©s Ă des images. Le peintre surrĂ©aliste Magritte a su exploiter l'ambiguĂŻtĂ© de ce fonctionnement avec son cĂ©lĂšbre tableau La trahison des images. Celui-ci reprĂ©sente une pipe accompagnĂ©e du texte Ceci n'est pas une pipe ». Notre apprentissage se fait comme si le monde Ă©tait un livre d'images que nous feuilletons et qui prend sens grĂące aux mots qu'un autre va venir poser comme en lĂ©gende. Un mĂȘme mot va alors pouvoir renvoyer Ă des images trĂšs diffĂ©rentes suivant les lieux et les temps, tout en gardant son sens fondamental. Le sens des mots Ă©volue Aujourd'hui, la jeune gĂ©nĂ©ration associe au mot terroriste » l'image d'un barbu avec sa kalachnikov, lĂ oĂč leurs parents voyaient Ă leur Ă©poque un militant des Brigades rouges et leurs grands-parents un anarchiste allumant une mĂšche. Bien que nous pensions que les mots sont plus universels, ce sont toujours les images qui rendent compte de ce que nous vivons. Elles nous parlent mieux et sont accessibles Ă tous, ce qui n'est pas vrai des mots. Combien d'enfants regardent » des bandes dessinĂ©es au lieu de les lire ? Ils ne s'attardent pas aux bulles oĂč se trouvent les dialogues car ils prĂ©fĂšrent les images qui leur parlent plus et plus vite ! Une rĂ©volution chasse la prĂ©cĂ©dente Notre Ă©poque est caractĂ©risĂ©e par la rĂ©volution de l'image photo, cinĂ©ma, tĂ©lĂ©vision, ordinateur.... Jacques Attali a fait le parallĂšle entre cette rĂ©volution et celle de l'invention des caractĂšres Ă imprimer au 16Ăšme siĂšcle1. Ă l'Ă©poque, l'imprimerie a favorisĂ© le dĂ©veloppement du particularisme dĂ©jĂ en germe dans la sociĂ©tĂ©. Au lieu de renforcer l'hĂ©gĂ©monie du latin comme le souhaitait l'Ăglise catholique, l'imprimerie a permis aux langues vernaculaires » de se dĂ©velopper. Elle a Ă©tĂ© aussi un formidable vecteur pour l'expansion du protestantisme, divers dĂšs ses origines car il s'est adaptĂ© aux particularismes de chaque pays oĂč il est nĂ©. Pour Jacques Attali, l'apparition de l'image a les mĂȘmes effets aujourd'hui. Tout comme l'imprimerie, elle met en valeur ce qui est dĂ©jĂ dans l'air du temps. L'individualisme occidental s'en trouve ainsi encouragĂ©. Les autres ne sont mĂȘme plus au second plan, ils sortent du cadre. La mode des selfies en est l'exemple le plus flagrant. Auparavant, pour se faire prendre en photo, il fallait avoir recours Ă quelqu'un d'autre. Cette personne n'Ă©tait pas sur la photo, mais derriĂšre l'appareil. C'Ă©tait une prĂ©sence invisible mais rĂ©elle. Aujourd'hui, nous n'avons mĂȘme plus besoin de quelqu'un derriĂšre l'appareil car nous pouvons nous prendre nous-mĂȘmes en photo. Ainsi, grĂące au tĂ©lĂ©phone, nous sommes comme revenus Ă l'Ă©poque de Narcisse qui Ă©tait tombĂ© amoureux de sa propre image. Ce qui est quand mĂȘme un comble quand on se rappelle que le tĂ©lĂ©phone a Ă©tĂ© inventĂ© pour communiquer avec les autres Ă travers nos mots ! L'image de notre monde a changĂ© Nous sommes arrivĂ©s Ă façonner le monde selon notre ressemblance. Le virtuel n'a plus rien Ă envier Ă la rĂ©alitĂ©. Dans l'esprit de certains, ils peuvent mĂȘme se confondre. Dans ce nouveau monde, chacun a la possibilitĂ© de se rĂ©inventer une nouvelle identitĂ©, un avatar qui dit ce que nous aimerions ĂȘtre, pour le meilleur comme pour le pire. L'imaginaire a bien pris le pouvoir. L'Ăšre de l'informatique est devenue celle de la navigation Ă vue. Le danger consiste alors Ă faire une confiance aveugle aux images. N'oublions pas que notre rĂ©alitĂ© n'est qu'un livre d'images Ă qui il ne manque que la parole pour en faire un roman, celui de notre vie.
Depuis toujours les acteurs et professionnels du monde du droit ont eu beaucoup de mal Ă communiquer et se faire comprendre de leurs clients et des non juristes. Cette complexitĂ© doublĂ©e dâun terminologie savante et souvent latine a Ă©tĂ© pendant bien longtemps utilisĂ©e sciemment. Les clients Ă©taient pour lâimmense majoritĂ© des boĂ©tiens Ă qui il suffisait de dire le droit et paraitre savant, le caractĂšre intangible de la prestation intellectuelle Ă©tant Ă cette Ă©poque quasi absolu. De nos jours, lâouverture du marchĂ©, lâĂ©volution des pratiques, le dĂ©veloppement de la toile », les Legal Tech, ont permis une dĂ©mocratisation de lâaccĂšs au droit et Ă sa comprĂ©hension. Les nouvelles exigences des clients et la tension vis-Ă -vis de la facturation, conduisent les professionnels, et les avocats en premier lieu, Ă devoir repenser leur communication et les mĂ©thodes permettant de dĂ©livrer leurs conseils et services. Finis les consultations Ă©crites fleuves et les conclusions interminables, le client souhaite des conseils impliquĂ©s, des prĂ©conisations claires et opĂ©rationnelles ; en bref on attend de son conseil un GO » ou NO GO », les explications pourront venir aprĂšs. Câest dans ce contexte quâest apparu la technique du LEGAL DESSIGN Le lĂ©gal design, permet la visualisation de lâinformation juridique par le recours Ă tous types dâoutils visuels schĂ©mas, tableaux, graphismes, etc.. Bien implantĂ© dans les pays anglo-saxons, le lĂ©gal design est un concept Ă©mergeant dans le paysage juridique français. Pour rĂ©agir Ă la complexitĂ© du droit, Ă lâinflation des textes lĂ©gislatifs et rĂ©glementaires, rien de mieux que la visualisation par le dessin. Les professionnels du droit ont tout intĂ©rĂȘt Ă intĂ©grer le legal design dans la communication relationnelle avec leurs clients rarement juristes, pour une meilleure lisibilitĂ© et transmission de lâinformation juridique. Voici un exemple de plus de ce que la communication juridique peut apporter en nouvelles pratiques permettant de mieux faire ressortir la valeur ajoutĂ©e du praticien. Les pionniers en France se sont rĂ©unis depuis 2016 au sein dâune association dĂ©nommĂ©e LEGAL DESIGN ASSAS et Ă©dite une lettre en ligne lâllustrassas », riche en exemple de ce que peut ĂȘtre le legal design. Michel Lehrer AssociĂ© GĂ©rant Cession Acquisition Rapprochement Business DĂ©veloppement Voir plus d'infos
un dessin vaut mieux qu un long discours